Le plan, c’est rejoindre Munich en train, y passer la nuit puis prendre un direct München – Passau le lendemain. Oui, je sais, Munich a changé de nom en un jour. Mais c’est normal, il se passe toujours des choses étranges à l’étranger.

Le train est à 15:54 Gare de l’Est, ce qui nous laisse le temps de préparer tranquillement notre sac et de mettre une dernière main au parcours. Je passe en revue tout le tracé GPX, ce fil d’Ariane numérique que nous suivrons parallèlement au fil bleu du Danube. Je peaufine deux trois points et zouh, je le télécharge sur mon téléphone où une application magique (GPX Viewer 2) me mettra le tracé sur une carte et un point bleu là où on est. Et ça affiche aussi les dénivelés. Eh tiens, c’est bizarre, ça me semble bien plus que ce que j’ai mis dans notre fichier (eh oui, en bon ingénieur, j’ai une feuille de calcul avec toutes les informations des étapes). Mais oui, c’est 25 à 35 % de plus. Un 1 067 m est ainsi passé à 1 482 m. Hum… une de ces deux applications se trompe, mais qui dit vrai ? J’en déniche une troisième sur le Net. Je la nourris de mon tracé, elle digère les données et, à quelques mètres près,confirme qu’on montera plus que prévu ! C’est un peu très embêtant. C’est pas tant parce que dans mon billet d’hier j’avais écrit qu’on ferait plus de 12 000 m de dénivelé et que ce sera 16 500. C’est que, suite à notre randonnée de l’an dernier où j’avais fait les étapes en fonction de leur longueur, fait toutes les réservations puis regardé les dénivelés seulement après pour s’apercevoir que l’étape la plus longue avait aussi un dénivelé record (la mythique J17 pour ceux qui s’en souviennent), Mireille avait dit « Plus jamais ça ! » et elle avait édicté un corpus de trois règles très simples : Règle 1 : pas d’étapes de plus de 7 heures ; Règle 2 : si D+ > 900 m alors distance < 22 km ; Règle 3 : si distance > 25 km alors D+ < 600 m. C’était basé sur une étude approfondie de nos performances passées et l’application des règles 2 et 3 permet normalement de respecter la règle 1. C’est bon, tout le monde suit ? Tout le monde peut-être, mais pas moi ! J’en étais où déjà ? Ah oui ! Donc « Bref, c’est le bordel ! ». Et encore raté pour des randonnées plus cools car on n’a plus vingt ans ! Mais bon, c’est fait, c’est fait, et « inch’Allah » !

Pour en revenir au train 9577, il est parti à l’heure, mais est arrivé 6h02 plus tard avec 20 minutes de retard car le train a été arrêté 20 minutes à Kehl, juste après la frontière, pour un contrôle de police. Je ne le savais pas mais Retailleau se traduit Dobrindt en allemand. Une escouade de gros bras siglés Polizei, aux torses bardés d’accessoires de coercition, nous attend sur le quai et prend possession des wagons. Je m’attendais au traditionnel « Papiere, bitte ! » mais non, il s’agissait d’un simple contrôle au faciès, qui se traduit en allemand par verdachtsunabhängige Kontrolle aufgrund des Erscheinungsbildes (contrôle indépendant de tout soupçon fondé sur l’apparence). Plus simple à faire qu’à dire. Notre apparence de couple blanc de plus de cinquante ans nous servant de laissez-passer spécial, nous avons pu ainsi continuer notre voyage dans cette belle Europe, gardienne du principe de la libre circulation des personnes et des biens. « Koff koff ! ». Excusez-moi je tousse, mais ça doit être à cause de la clim de ce satané TGV 9577 !

Allégorie footballistique. Scène I : l’avant-match
Allégorie footballistique. Scène II : le match
Allégorie footballistique. Scène III : l’après-match