La journée commençait bien : mon billet était rédigé,n’attendant plus que le feu vert de ma relectrice, et le ciel bleu et une température agréable nous offraient l’opportunité d’un petit déjeuner en terrasse. C’est après que ça s’est gâté, quand j’ai voulu poster le billet du jour : « Problème de connexion – veuillez réessayer ultérieurement ». J’ai vainement tenté toutes sortes de manips pour remédier au problème jusqu’à ce que Mireille propose qu’on y aille parce qu’il est quand même déjà 10h30. Effectivement, il était grand temps d’y aller.

On démarre en direction de notre premier Donaublick (point de vue sur le Danube). Je pense qu’on n’a pas fini de voir ce nom sur des pancartes ! D’ailleurs, pas plus tard que ce soir, on dort à l’hôtel Donaublick, c’est dire ! Mais reprenons notre chemin qui longe le Danube (en même temps, c’est un peu le thème du voyage) sur un agréable sentier dans les bois. Au passage d’un torrent, je me fais violemment attaquer par un nuage de taons, trois morsures douloureuses. Ces saletés vous déchiquètent littéralement la peau avec leurs pièces buccales en forme de petites lames pour ensuite lécher le sang qui s’écoule grâce à leur salive anticoagulante. Ils (je devrais dire elles car ce sont les femelles qui mordent, les mâles sont végétariens) n’auront pas le loisir de se délecter mais en attendant, le mal est fait, et ça fait mal ! Le bon côté, c’est que ça me fait un truc à raconter parce que sinon, on ne croise pas grand monde, et personne avec un sac à dos digne de ce nom. Enfin bref, on descend sur la rive du Danube pour trouver un pont pour traverser l’Elnau puis on remonte dans les bois.

C’est là que nous découvrons de gros panneaux ronds « Blutwurz Route » que je traduis par « Chemin du boudin ». Non, mais c’est vraiment n’importe quoi, un chemin du boudin, ha ha ! Oui, c’est vraiment n’importe quoi, mais c’est moi qui raconte n’importe quoi ! Si Blut veut bien dire sang, ce n’est pas écrit Blutwurst (wurst, la saucisse) mais Blutwurz (wurz, la racine), Blutwurz qui est le nom d’une liqueur bavaroise tirée de la racine de la tormentille (Potentilla erecta), plante dont le nom vernaculaire en allemand est justement Blutwurz, racine de sang, car elle est de couleur… rouge sang. Bon, il va falloir goûter cette spécialité à 40° au plus tôt  (mais avec modération bien sûr) pour vous raconter le goût que ça a ! 

Il nous reste un petit kilomètre à parcourir quand la température baisse brusquement, que le ciel se noircit et que le tonnerre se met à gronder. Cela ne dit rien qui vaille ! Nous pressons l’allure et parvenons à l’hôtel alors que les premières gouttes lourdes et glaciales s’abattent sur nous. On s’en tire bien ! Le Donaublick porte à cet instant bien mal son nom car, de la salle de restaurant avec vue, la vallée est devenue invisible dans le gris des nuages et des rideaux de pluie. Une bière à la main, nous assistons au spectacle des gouttes s’éclatant sur les tables de la terrasse, avec une pensée pour les trois vieilles dames croisées dans les bois peu avant d’arriver. Tout le monde n’a pas eu notre chance…

Ah tiens, il y a du WiFi ! Voyons voir : WordPress – lesmirben.top – Articles – Brouillons – J01| Passau – Kellberg – Bouton Publier – Le petit truc qui tourne – « Article publié ! ». Ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !  (intérieurement) 

🥾14,4 km  ↗️+380 ↘️-520 m 🌤️⛈️ 22‑24 °C

Théâtre d’ombre
Contemplation danubienne
C’est y pas Minion ?
Elle a fini par se lacer
Au piquet pour avoir confondu Blutwurst et Blutwurz
Orage ! Ô désespoir ! (Si on n’était pas arrivé juste à temps !)