Nous rejoignons Cobourg par le rouge et pimpant Regional Express numéro 19 de 10:10. Pas un chat et seulement 5 arrêts pour 1h 12m de trajet, voilà qui nous change du RE 90 d’hier !
Comme nous passerons la nuit dans un Landhotel qui ne fait plus restaurant et qu’il n’y a aucun endroit où manger dans les environs, nous devons faire quelques provisions. Nous achetons deux bretzels aux graines de tournesol dans une gargote de la rue principale mais trouver une superette dans le centre historique s’avéra un peu plus long que prévu. Enfin, à midi et demi, emplettes faites, nous avons regagné la Marktplatz et nous pouvons nous lancer à l’assaut du château de la famille des ducs de Saxe-Cobourg et Ghota qui domine la ville. Nous faisons le tour de cette forteresse médiévale qui est une des mieux conservées d’Allemagne (dixit Wikipedia) et reprenons notre route à travers forêts et champs. Les nuages gris se dissipent peu à peu et nous finirons sous un beau ciel. Nous atteignons le sommet d’une dernière colline et découvrons Wellmersdorf. Le Landhotel est tout au bout du village.
La réception toute en bois fait bien vieillote. Je presse le bouton de la sonnette et en même temps retentit une sonnerie de téléphone. On entend une voix de vieille dame qui répond. Nous patientons. La conversation s’arrête et une vieille dame alerte nous accueille. Pas de surprise, elle nous attendait. Elle est désolée que le restaurant soit fermé et nous propose une assiette de fromage. C’est très gentil on a tout ce qu’il faut par contre si vous avez de la bière… Oui bien sûr et n’hésitez pas à repasser ! Notre petite chambre a une terrasse avec vue sur la route et la campagne. Nous y célèbrerons notre première étape. C’est important une première étape ! Puis nous reprenons notre routine : douche, lavage, essorage, étendage… et arrive l’heure du repas « tiré du sac ». Ce serait meilleur avec une petite bière, non ? Et nous retournons voir la dame. Ça la fait rigoler et elle nous emmène à la salle du restaurant. Elle plonge sous le bar, réapparaît avec les bouteilles et engage la conversation. D’où on vient en France ? Paris. Elle fronce le nez. Jeux Olympiques nicht gut. Macron gut ! Et puis elle nous dit qu’elle a 88 ans (elle ne les fait pas), que le restaurant a fermé il y a deux ans parce que le cuisinier est mort d’une tumeur au cerveau, que les jeunes ne veulent plus travailler, que ce n’est pas une bonne génération, qu’il y a trop d’étrangers, qu’on devrait fermer les frontières, que les arabes et les afghans sont des gens qui n’ont pas de culture mais que les pires, ce sont les noirs. Et bien d’autres choses que je n’ai pas comprises…
Je conclus la conversation (en fait un monologue) par un sage et faux-cul « Ach, es ist nicht einfach ! » (ce n’est pas simple). Nous lui souhaitons une bonne soirée et regagnons nos pénates pour un agréable dîner en terrasse devant cette belle campagne allemande. Mais où a-t-elle vu des noirs ?
🥾21 km ↗️+555 m ↘️-551 m 🌤️ 22‑26 °C










