Pour terminer, une dernière étape, la plus courte, que j’ai entièrement concoctée à partir des cartes à ma disposition, et qui nous assure un final de rêve dans la nature, en longeant le cours sauvage de l’Ilz, rivière qui vient se jeter dans le Donau (Danube) à Passau. Et il fait toujours aussi chaud…
C’est amusant, mais cette petite étape sera un condensé de tous les aléas du chemin : chemin barré et impraticable pour cause de chutes d’arbres, chemin non matérialisé à réinventer, chemin disparu, tunnel providentiel qui nous fait éviter une petite montée, chemin privé, accès à Passau bloqué par des travaux… Bref, une des pires étapes du point de vue du tracé mais, cette fois, je ne pourrai m’en prendre qu’à moi, ce dont je me garderai bien !
Enfin voilà, une dernière barrière de chantier et nous arrivons, triomphalement bien sûr, à Passau où nous filons en direction de la Domplatz (place de la cathédrale) où nous avons décidé de marquer la fin officielle de notre périple pedibus cum jambis. À trois heures de l’après-midi, l’immense place au sol de sable blanc est écrasée de chaleur et il n’y a pas âme qui vive. On est loin de la place animée couverte de terrasses que nous nous étions imaginés. Et c’est ce qui est amusant quand on prépare minutieusement son voyage sur carte, c’est la différence entre l’imaginé et le réel. Et on passe aussi à côté de choses énormes. Je n’avais pas réalisé que Passau était exactement à la frontière avec l’Autriche. La ville est au confluent de trois rivières : l’Ilz, que nous avons suivi pour arriver, le Donau et l’Inn, le célèbre cours d’eau autrichien des mots croisés. Et bien, de l’autre côté de l’Inn, c’est l’Autriche. Et je n’avais même pas vu ça ! Par contre, qu’on atteignait la Domplatz par la ruelle Pfaffengasse, ça je le savais. Ça me rappelle cette histoire de sage qui montre la lune et de celui dont je ne me rappelle pas le qualificatif qui regarde le doigt !
Donc voilà, ça y est, on est arrivé ! À l’autre bout de la place, il y a quand même quelques parasols rouges qui nous appellent à venir célébrer la fin de cette magnifique aventure estivale et pédestre. Zwei große Helle, bitte! On règle l’appareil pour le traditionnel selfie final. Les bières arrivent. Clic-clac ! C’est fini !
À peine ai-je fini de savourer l’incomparable sensation de la première gorgée de bière que le téléphone sonne. Encore pour des prothèses auditives ? Non ! C’est la rédaction du célèbre magazine Le Gai Randonneur qui nous sollicite pour une interview. Bien sûr, demain, d’accord. Et ils ont déjà leur titre de Une. Ah, bon, et c’est quoi ? « Les MirBen toujours au top ». Parfait. À demain alors !
🥾16,7 km ↗️+352 m ↘️-471 m ☀️ 25‑34 °C








Les MirBen toujours au top !
