La Gazette : Monsieur Mirben, c’est très aimable à vous d’avoir accepté de recevoir la Gazette du Gai Randonneurs, gai avec un i, bien sûr !
— Je vous en prie, c’est bien naturel, et c’est avec plaisir. Et puis appelez-moi Benoît.
La Gazette : Eh bien, Benoît, j’ai une première question qui me brûle les lèvres. Comment va votre panaris ? Car moi, j’en ai eu un, et je peux dire que j’ai dégusté. Mon orteil était rouge écarlate avec un grosse poche de pus blanc verdâtre. Ça me lançait horriblement, même la nuit. Je ne pouvais plus mettre de chaussures car autrement ça me…
— Oui, j’ai bien compris votre question et je peux vous rassurer. Il a quasiment disparu et ne m’a jamais gêné pendant la marche. Mais est-ce que vous êtes sûr que ça va intéresser vos lecteurs ?
La Gazette : Oui vous avez raison. Mais j’avais tellement souffert… Enfin, c’est du passé. Et donc, Benoît, pouvez-vous nous faire le bilan final de ce Cobourg-Passau ?
— Oui, et bien commençons avec les chiffres. Nous avons, au final, en 23 jours, parcouru 530 km à pied, gravi l’équivalent de 54 Tours Eiffel, atteint l’altitude maximale de 1 456 mètres et passé 6 jours 3 heures et 45 minutes sur les chemins de Bavière.
La Gazette : Merci pour ces chiffres tout à fait impressionnants, mais pourriez-vous nous en dire plus sur la Tour Eiffel ?
— Oui, bien sûr. Comme chacun sait, la Tour Eiffel a été construite par Gustave Eiffel pour l’Exposition universelle de 1889, est devenue un symbole emblématique de Paris. Sa hauteur totale est de 324 mètres avec l’antenne mais le troisième étage qui est atteignable au prix de 1 665 marches est à une hauteur de 276,13 mètres, et c’est ce que nous prenons d’ailleurs comme référence pour notre “équivalent Tour Eiffel”.
La Gazette : Merci pour cette clarification bien utile parce que si on prend 324 mètres au lieu de 276,13 mètres, et qu’on multiplie par 54 comme vous l’alléguez, ça fait quand même plus de 2 500 mètres qu’on pourrait croire que vous avez gravi alors qu’en fait, non. Vous voyez ce que je veux dire…
— Je vois tout à fait, et je dois dire que votre rigueur journalistique vous honore. C’est si rare aujourd’hui dans l’espace médiatique.
La Gazette : C’est tout naturel : « À la Gazette, la vérité fait recette ! ». Mais pour en revenir aux MirBen, comment qualifieriez-vous ce tronçon de chemin européen E6 par rapport aux précédents de 2022 et 2023, Copenhague-Lübeck et Brunswick-Cobourg ?
— Je dirais assurément plus intense et plus magique. Plus intense parce qu’on est jamais arrivés très tôt, ce qui signifie pas de sieste, et l’enchaînement des tâches « ménagères » (douche, lavage, essorage, étendage, téléchargement et tri des photos) avant le repas qu’on prenait vers 18h30, 19h00 au plus tard, car c’est ainsi que fonctionne la plupart des Gästehause. Et puis après le dîner, un peu de J.O. sur la tablette, et puis dodo. Le lendemain, lever vers 6 heures pour m’occuper du blog jusqu’à 8h30, notre heure fétiche pour le petit déjeuner. Et puis poster le billet, préparer le sac et partir entre 10 heures et 10 heures et demi. Et c’est reparti pour un nouveau jour de marche. Bref, pas de temps pour autre chose, comme de la lecture ou un peu de détente.
C’est aussi un chemin magique, car il y a un contact avec la nature plus important que les années précédentes, avec de nombreux passages dans des forêts magnifiques, avec des sentiers couverts de mousses, d’aiguilles de pin ou de feuilles mortes qui serpentent parmi les grands arbres qui leurs confèrent un caractère tout à fait particulier, proche de sacré. Il y a aussi eu la remontée de longues vallées sans la présence d’aucune automobile qui donne vraiment un sentiment d’immersion dans la nature sauvage, même si, malheureusement, nous n’avons pas vu beaucoup d’animaux.
La Gazette : Merci pour ce témoignage. Je ne vais pas vous prendre plus de temps car je sais que vous êtes à Munich et souhaitez visiter le musée d’art moderne. Mais les lecteurs de la Gazette du Gai Randonneur, gai avec un i, ont encore beaucoup de questions pour vous. Accepteriez-vous de continuer cet entretien demain ?
— Bien entendu. « Gerne », comme on dit ici, avec plaisir !






