Bon ben c’est parti, direction le quai 26 de la München Hauptbahnhof (Hbf pour les intimes). Le rutilant train RE3 nous y attend déjà. Nous nous installons en première. Le grand luxe. Non, je plaisante. En fait, juste quatre rangées de quatre sièges ordinaires collées à la cabine de pilotage. Alors qu’est-ce qui justifie ce tarif supérieur ? Eh bien, manifestement, c’est le vaste espace dédié aux bagages qui nous sépare des voyageurs de seconde classe, du peuple, de la plèbe. On nous vend une zone-tampon, un no man’s land, une bande d’exclusion ; on nous vend de la distanciation sociale. Mais trêve de sociologie de comptoir et reprenons le fil de la narration. Quelques instants plus tard, nous sommes rejoints par une vieille dame qui me montre son billet pour Landhust et me demande si le train s’arrête bien à Landhust. Langouste ? Ja, ja, Langouste gut, la rassurais-je dans mon meilleur allemand, sans grand mérite car c’était écrit sur l’écran derrière elle. Une dame avec un gros chien dûment muselé et un conducteur de train en attente (il prendra le relai de la conductrice à Landhust justement) viennent compléter le tableau. 

Deux heures quinze plus tard, nous débarquons à Passau. Le ciel est gris, le tonnerre gronde, mais il en faut plus pour nous abattre. On commence par s’acheter des glaces (zwei Kugeln, deux boules, le vocabulaire de base revient) puis nous allons visiter la cathédrale (Dom St. Stephan) qui était fermée pour travaux l’an dernier. Elle est toujours en travaux, et la présence d’une grue au milieu de la nef lui donne un caractère baroque dont elle n’avait pas besoin (elle est elle-même un joyau de l’art baroque tardif). Nous reprenons notre chemin, traversons successivement le Danube et l’Ill puis nous montons dans les champs et les bois rejoindre notre première étape, le calme village de Kellberg avec son église à bulbe et son distributeur automatique d’œufs frais. Un vrai distributeur comme on en voit partout, avec les spirales qui tournent pour pousser dans le vide les objets qu’il contient. Sauf que là, ce sont des boîtes d’œufs, et tout en haut, ce sont les boîtes de douze. Je ne sais pas si vous vous rendez bien compte ? Les boîtes de 12 œufs font le saut de l’ange depuis tout en haut ! C’est osé ! Un mètre quarante de chute libre ! Des œufs ! Si ça passe, respect les boîtes à œufs !

Ah oui, j’oubliais, bien que le ciel fût gris et que le tonnerre tonnât, il ne plût point. Plutôt chouette pour une première journée !

🥾11,7 km  ↗️+400 m ↘️-230 m ⛅️ 22‑25 °C

Nuestro tren en la estaciòn de El Passau
La très baroque Dom St. Stephan
On est passé à Passau
Miroir mon (beau) miroir
Saule frileux (Salix frigoricus)
On touche au bulbe