Aujourd’hui, l’étape est la plus longue depuis notre départ : 27 kilomètres. L’affaire est sérieuse. Je décide de soumettre le cas à mon jugement. Le verdict ne tarde pas : « considérant que sur les étapes précédentes, les temps étaient entre 6 h 30 et 7 h 30 pour des kilométrages moins importants ; considérant que la température prévue est de nature caniculaire avec un maximum à 33 °C ; considérant que le début du parcours est très urbanisé et d’intérêt secondaire ; considérant l’âge avancé des requérants quoiqu’ils en pensent eux-mêmes, la cour condamne le Sieur Benoît à se bouger les fesses pour trouver une solution d’écourtage du trajet par tous les moyens légaux ». Bon ben, le car-jacking étant exclu, il ne reste que le taxi. Mais pour où ? J’étudie la carte et je trouve l’endroit opportun : le chalet de Pusieux. Il nous restera un peu plus de 22 km, c’est plus raisonnable. Et en bon Parisien, j’appelle le taxi à 10 h 00 pour 10 h 30. Premier appel : — Bonjour, j’appelle pour une course Remiremont – Chalet de Pusieux. — Oui, c’est pour quel jour ? — Aujourd’hui. — Aujourd’hui ?!? C’est pas possible, tous mes gars sont pris. Bon, pas de panique, il y a trois autres compagnies ! « Ah non, c’est pas possible, je suis à Nancy, là ! » Bon, pas de panique, il y a deux autres compagnies ! « Ah désolé, j’ai pas de chauffeur disponible. » Bon, pas de panique ! J’ai toujours un cierge de secours dans mon sac à dos. Je l’allume et j’appelle. « Oui, 10 h 30, vous avez dit ? Oui, pas de problème. » Et dire que si j’avais commencé la liste par la fin, je n’aurais pas eu de sujet de billet !

Notre chauffeuse de taxi est tatouée de la tête aux pieds. Elle a travaillé vingt ans dans la plasturgie avant qu’un plan social ne lui offre l’opportunité d’une reconversion professionnelle, comme dirait notre énième ministre du Travail. Opportunité, ç’en aurait été une si elle avait pu travailler dans l’équin, comme elle dit. Elle aime les chevaux, mais sans diplôme, c’est mort. Alors elle se contente de domestiquer les chevaux sous le capot de son taxi.

Et notre randonnée alors ? Parce que Zola, ça va cinq minutes, mais si on vous lit, c’est pour la randonnée ! Cher lecteur, je te comprends. Voici donc ! Après quelques kilomètres, le paysage change radicalement : nous quittons les Vosges pour la Vôge, une région de vallons et de plateaux agricoles sans ombre. Nous passons aussi – pour en revenir au partage des eaux qui est le fil d’Ariane de notre périple – du bassin versant de la mer du Nord à celui de la Méditerranée. Et 6 h 20 plus tard, en plein cagnard, nous arrivons encore frais et dispos  à la Chapelle-aux-Bois. La version sans taxi aurait donné : Et 8 h plus tard, nous arrivâmes enfin, épuisés, exténués, assoiffés, regrettant mille fois de ne pas avoir pris ce satané taxi. Pas de regrets !

🥾23,2 km  ↗️+360 m ↘️-490 m 🌤️ 28-33 °C

L’art pour lard
Traduction : Attention, pont glissant !
Mauve musquée
La Vôge bretonnante
A quand la fête des voisins ?
Gendarme et mouche à damier en tête à tête
Guêpe ichneumonide à l’impressionnant ovipositeur
Entre deux eaux
Changement de décor
Amaryllis (Pyronia tithonus)
C’est pas bio, bio, tout ça !