Grosse déception ! Nous quittons Linz sans avoir goûté à la fameuse Linzer Torte, la tarte de Linz, vous savez, cette tarte étouffe-chrétien faite de pâte sablée bien riche recouverte de confiture de groseilles bien sucrée et recouverte d’un treillis de cette même pâte pour renforcer le côté étouffe-chrétien, si tant est qu’il en eût été besoin, et qu’on déguste accompagnée d’une cafetière de mauvais café autrichien pour faire passer tout ça. En même temps, sa recette est décrite dans un manuscrit de 1653, ce qui en ferait la plus vieille recette de tarte connue au monde. Difficile d’être parfait du premier coup, j’en parlais encore récemment avec le baron Karl Friedrich Drais von Sauerbronn, le célèbre inventeur de la draisienne, en regardant le Tour de France.

Mais c’est pas tout ça, la rancœur, c’est bien, mais on a aussi de la route à faire, et il se pourrait qu’il pleuve dans l’après-midi. Nous enfilons la Hauptplatz puis le pont des Nibelungen, descendons par les escaliers sur la rive du Danube et ça y est, nous sommes dans la nature. Certes, de l’autre côté, sur la rive droite, on voit Linz mais ici, sur la rive gauche, ce n’est qu’une vaste prairie arborée sans route, sans voiture, sans bâtiment visibles. Incroyable transition. Bravo les Linzois ! Du coup, je retire mes commentaires acerbes sur la Linzer Torte, ce délicat assemblage d’une légère pâte sablée, d’une finesse absolument inouïe, nappée d’une confiture de groseilles rouges d’une douceur renversante, et couronnée d’un treillis si gracile qu’il en devient presque œuvre d’art. 

De notre côté, nous reprenons notre classique motif danubien : après quelques kilomètres le long du fleuve, nous montons à travers champs et bois sur les hauteurs que nous parcourons avant de redescendre faire étape au bord du fleuve. Nous marchons d’un bon pas, encouragés par la fraîcheur de l’air. À mi-chemin, nous faisons un point météo. C’est pas beau, beau. Le radar météo montre une grosse masse pluvieuse arriver à grands pas de l’ouest. On sera sous la pluie dans deux heures. Mais si nous marchons bien et nous abstenons d’une dernière boucle inutile, on pourrait arriver avant la pluie. Banco ? Banco. 

Et c’est parti pour notre contre-la-montre. Le ciel devient de plus en plus sombre, ce qui stimule notre allure. Nous arrivons sur les hauteurs de Steyregg alors que le vent se met à souffler en bourrasques, sous un ciel maintenant bien noir. Encore deux rues et nous arrivons à notre Gasthaus, presque déçus que les premières gouttes ne se mettent pas déjà à tomber. Elles arriveront dix minutes plus tard. Notre effort (4,5 km/h de moyenne quand même) n’a pas été vain et m’a ouvert l’appétit. Je mangerais bien une petite part de Linzer Torte !

🥾19,3 km  ↗️+395 m ↘️-405 m 🌦️ 24-20 °C

C’est parti (culièrement nuageux)
Caisse noire et voiture maquillée. Ça risque gros !
Les deux visages de l’Autriche
Je l’orée !
Facétieuses Chrysomèles fastueuses
Coulée verte
Et la vue de votre chambre d’hôtel ? Elle nous a beaucoup plu !