Aujourd’hui, cap sur Grein : une étape de transition où nous disons adieu aux plaines agricoles et aux méandres paresseux du Danube pour arriver aux portes du Strudengau, qui signifie littéralement « le pays des tourbillons ». Ici, le fleuve traverse le massif de Bohème et son dur granite, synonyme pour le randonneur de passages encaissés, de pentes abruptes et boisées, de nature sauvage, de Donaublick, de châteaux perchés et, pour les bateliers, de courants rapides, de tourbillons et de récifs cachés.
En attendant, il faut se mettre en route et, si possible, arriver avant les fortes pluies que la météo annonce pour le milieu d’après-midi. Le plan : marcher à bonne allure tant qu’on est dans la plaine, ne pas mollir quand le chemin s’élève, éviter les détours inutiles, suivre de près l’avancée de la masse nuageuse et, sur les hauteurs aux environs de Grein, choisir entre petite route qui nous y mènera directement ou continuer sur le chemin, plus long, et sa descente escarpée dans les bois. Nous verrons bien.
Le plan se déroule comme prévu. Nous traçons sous le soleil à travers les champs de haricots et de maïs, juste interrompus par une dame qui nous demande si nous n’avons pas vu son gros chien. Nein. Kein Hund. Nous commençons à monter lorsque les nuages arrivent et la température se met à baisser. Nous atteignons enfin la croisée des chemins où nous devons prendre notre décision. Ça tombe bien, il y a une petite chapelle et un banc, tout ce qu’il faut pour prendre une décision éclairée. Le radar météo est sans appel, nous venons de rentrer dans la zone bleu clair, et le bleu foncé s’annonce dans la demi-heure. Pas d’hésitation, entre l’option 1 – Tranquillité et l’option 2 – Aventure, nous choisissons l’option 1. Les nuages ont la gentillesse de nous conforter dans notre choix par quelques gouttes qui nous accompagneront jusqu’à Grein où nous arriverons avant la grosse saucée. Ouf ! Enfin… pas vraiment, car la grosse saucée annoncée se transforme finalement en une timide averse.
Ceux que la technique randonnière ne passionne pas peuvent quitter la lecture ici, je leur souhaite une bonne journée et leur dis à demain. Pour les autres, petite anecdote. Pour enregistrer le tracé de la randonnée du jour, j’utilise Iphigénie sur mon iPhone. À l’arrivée, en buvant notre bière, on regarde les données du jour et le profil altimétrique. Puisqu’on part du Danube pour y revenir, le départ et l’arrivée se trouvent quasiment au même niveau, à quelques mètres près. Ainsi aujourd’hui on est parti de 231 m et on est arrivé à 238 m (la vieille ville est un peu surélevée par rapport au fleuve). Eh bien, pour Iphigénie, Grein est à 288 m (+ 50 m). Bon, vous me direz : normal, front nuageux, dépression, diminution de la pression atmosphérique. Oui mais le plus haut point atteint aujourd’hui, une quarantaine de minutes avant Grein, qui était de 392 m, était pour Iphigénie à 301 m (-91 m), ce qui n’est pas cohérent avec l’explication de la dépression. Étonnant, non ? La conclusion est que si nous n’étions plus dans les champs, Iphigénie était lui dans les choux !
🥾19,0 km ↗️+395 m ↘️-390 m 🌦️ 26-22 °C











