Les Autrichiens, ils aiment les abricots. Ils aiment tellement les abricots qu’ils n’utilisent pas le mot allemand Aprikose mais ont le leur : Marille. On s’y fait assez vite, car les menus en sont pleins. Il y a les Marillenknödel, boulettes sucrées à base de pâte farcies d’abricots ; les Marillenkuchen, gâteau moelleux garni de moitiés d’abricots ; les Marillenschnitte : carrés ou tranches de gâteau fourrés ou garnis d’abricots ; les Marillentascherl : petits chaussons feuilletés fourrés d’abricots et les Marillenpalatschinken : crêpes fines roulées et garnies de confiture d’abricots. Et ça se décline bien sûr aussi en marmelade, glace et liqueur (excellente au demeurant). Pourquoi je vous raconte tout ça ? Pas du tout parce que j’ai un billet journalier à faire et que les longues descriptions permettent de meubler, mais parce que nous avons vu nos premiers vergers d’abricotiers aujourd’hui. Je devrais dire nos premiers jardins d’abricots car c’est ainsi que les Autrichiens les appellent (Marillengarten). Ils sont assez faciles à reconnaître, ils sont tous entourés d’un grillage !

Et pourquoi est-ce les premiers abricotiers que l’on voit ? Parce que les Marillen sont une spécialité de la région appelée Wachau et que, précisément, on vient d’y mettre les pieds. Elle démarre à Emmersdorf et s’étend le long du Danube jusqu’à Krems que nous atteindrons dans quatre étapes. Je pense qu’on va se régaler car la Wachau est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses châteaux, ses vignes, et ses abricots, bien sûr !

Mais déjà j’entends des voix qui s’élèvent ! Pourquoi Marille et pas Aprikose comme tout le monde (abricot en français et apricot en anglais). Eh bien, puisque vous  voulez savoir,  je vais vous le dire, mais vous verrez que ce n’est que la triste illustration du Grand Remplacement qui a déjà commencé. Le mot autrichien Marille vient directement du latin Armeniaca ou Malum Armeniacum, littéralement « pomme d’Arménie », car les Romains pensaient que ce fruit venait de cette région. En Italie, ce même mot a évolué en armellino ou amarilla (dans certains dialectes) et, en Autriche, il s’est transformé en Marille. Mais Aprikose, comme abricot, vient de l’arabe al-barqūq, qui désignait d’abord les prunes et parfois les abricots. Ce mot arabe est arrivé ensuite en espagnol (albaricoque), avant d’entrer en français sous la forme abricot, et enfin d’être adopté par l’allemand sous la forme Aprikose. Voilà comment on parle arabe en france sans le savoir, alors que nous pourrions déguster de merveilleux marillons durs comme de la  pierre de nos vergers du Vaucluse ! Ah, les fourbes ! Ceci dit, sans les mots d’origine arabe, Retailleau ne pourrait pas, après avoir enfilé un gilet de coton, prendre son café en comptant grâce à l’algèbre les caïds arrêtés, leur faire porter des oranges ou s’allonger sur un matelas en contemplant l’azur et rêver d’être calife à la place du calife.

🥾21,6 km  ↗️+575 m ↘️-580 m 🌤️ 19-21 °C

C’est parti (culièrement pentu, mais avec ciel bleu)
Adieu Danube. À ce soir !
11:00 déjà ?
Basilique de Santa Maria Taferl
Fleurs en fleurs, la palissade
J’ai toujours trouvé les pigeons niais
Wir 🧡💚 wanderung
Intrépides crépides (Crepis biennis)
Rêve-t-il des tracteurs ou d’être acteur ?
Elle est passée à l’orange
Le roi semeur
Selfie du randonneur
Plantes abricots et animaux à tricot
Notre bonne grosse mémère (4 cm)