Petite journée pour se réhabituer à la platesse, à la platonie, à la platitude des rives engoudronnées du Danube et à la proximité indifférente des cyclistes de tous âges et de toutes nationalités qui sera notre lot quotidien jusqu’à Vienne.

Que dire de notre journée ? Ciel bleu au lever. Température compatible avec un petit déjeuner en terrasse, pour peu qu’on ait une petite laine (nous n’en avions pas). Un vieux monsieur fait s’effondrer la pyramide des tasses en en retirant une du dessous (émoi dans la salle). Dans le hall de l’hôtel, il y a des groupes de cyclistes, bien sûr (ils sont partout). Plus rare, il y a aussi un groupe de rollers en ligne. Je ne sais pas par où ils passent, car la piste cyclable le long du Danube leur est interdite : c’est même le plus grand panneau d’interdiction parmi les panneaux d’interdiction.

Pour quitter Krems, nous suivons le cours de la Krems (original !) à travers une vaste zone industrielle puis à travers les champs. On entend d’incessants cris d’oiseaux mais on ne saurait les localiser. J’interroge Merlin, mon application de reconnaissance de chants. Ce sont des guêpiers ! Ça alors ! Un des plus beaux oiseaux qu’on ait en Europe, avec son plumage chatoyant, mêlant turquoise, jaune et roux et son grand bec pointu. J’en ai vu une seule fois, il y a longtemps. Où se cachent-ils ? Comme leurs cris nous accompagnent avec la même intensité sur quelques kilomètres, je finis par comprendre : ils sont au-dessus de nous, petits points dans le ciel, bande joyeuse qui nous survole.

Nous traversons enfin la Krems et nous voici rentrant dans cette magnifique zone riparienne (ou zone riveraine, ou ripicole, ou corridor rivulaire, ou écotone riverain si vous préférez encore), cette zone humide qui fait tampon entre les derniers champs et le Danube, zone à la végétation exubérante, aux gigantesques peupliers, aux buissons de balsamines de l’Himalaya aux fleurs d’un rose intense, à la vie foisonnante.

Puis nous arrivons sur le Danube, large et gris. Il n’y a plus qu’à suivre notre mince fil de bitume qui se perd à l’horizon. Un cygne, un couple de grèbes huppés, une bande de joyeux canards, une péniche vient couper la monotonie du chemin (les cyclistes font partie de cette monotonie). Comme presque tous les jours, le ciel passe du bleu au gris. Il est temps de regagner l’intérieur des terres. Nous traversons encore une fois la ripisylve (les mots ne manquent pas), puis hâtons le pas vers Graferwörth où nous arrivons avec les premières grosses gouttes qui s’écrasent sur la route de ce début d’août.

🥾19,2 km  ↗️+115 m ↘️-120 m 🌤️ 21-24 °C

C’est parti (culièrement plat aujourd’hui)
Assuré tourix ?
Rush vers la ruche
Bouton d’or
Mireille cheminant
Complètement barges
C’est là, denses, des canards
Decticelle (bien) cendrée
Tettigonia viridissima, mais vous pouvez m’appeler Grande sauterelle verte
Bonjour ma Demoiselle Enallagma
Vive la ripisylve !