Bon, voilà arrivée notre letzte Etappe, notre dernière étape. Je devrais même dire notre posledná etapa puisque nous allons franchir la frontière austro-slovaque sept kilomètres avant la fin de notre périple. Enfin, « franchir » est un bien grand mot, car elle n’est matérialisée que par une petite borne blanche et rouge, marquée d’un « Ö » d’un côté. Difficile à croire qu’il n’y a pas si longtemps, cette frontière était appelée le rideau de fer.
Sur le papier, l’étape est tranquille, car elle semble suivre benoîtement la rive du Danube, hors de toute civilisation, jusqu’au grand pont du Soulèvement national slovaque qui nous mènera jusqu’au centre historique de Bratislava. Ce que la carte ne révèle pas, c’est que le chemin n’est souvent qu’une mince trace, perdue dans une végétation exubérante, nourrie par les limons généreusement déposés par les crues du fleuve. Nous affronterons des orties plus hautes que nous ! Pour ceux qui s’inquiètent des arrivées dans les grandes villes, ici, c’est nature sauvage garantie jusqu’au bout.
Et ce sont les jambes et les bras encore vibrionnants (avouez que cela fait des lustres que vous n’aviez pas lu ce mot) des piqûres d’orties que nous arrivons sur la célèbre place Hviezdoslavovo námestie (ces noms !), bordée de majestueux platanes et de boutiques de gelato (en italien dans le texte, parce qu’en slovaque ça se dit zmrzlina – enfin, je dis, ça se dit, mais je n’ai aucune idée de comment se prononce zmrz – et c’est quand même moins vendeur). Et c’est un cornet deux boules à la main que nous déambulons dans les vieilles rues autour de la cathédrale, à la recherche de la terrasse idéale où nous pourrons trinquer à la fin de notre pérégrination estivale et danubienne. Un petit café typique, dans une rue ombragée un peu à l’écart des touristes, est l’heureux élu.
POUM ! font nos gros sacs en touchant le pavé. CLONK ! font nos deux grosses chopes de Pilsner Urquell en s’entrechoquant.
Et c’est ainsi que s’achevèrent vingt-sept jours d’aventures entre Passau et Bratislava… mais aussi notre trilogie germanique Brunswick – Cobourg (2023), Cobourg – Passau (2024) et Passau – Bratislava… mais aussi des dizaines d’années de grandes randonnées dans le cadre contraint des congés payés (et encore merci à Léon Blum et au gars du Front populaire). Avec la retraite, une nouvelle ère de liberté s’ouvre aux MirBen. Quelles formes prendront alors nos aventures pédestres ? Plus souvent ? Plus court ? Plus long ? Plus loin ? Nul ne le sait encore, ni nous, ni notre oreillette, qui me dit d’arrêter car je vais la faire pleurer.
Mais quoi qu’il en soit, comme le chante Ciboulette dans La Vie parisienne d’Offenbach, nous avons fait un beau voyage, nous avons fait un beauuuuuuuuu voyage !
🥾17,1 km ↗️+70 m ↘️-75 m ☀️ 26-33 °C



l’Ennomos cendré (Hypomecis punctinalis)










