Le ciel est bleu et le chemin est tout confort, recouvert d’une mousse épaisse et d’aiguilles de pin, doté de l’air conditionné à l’ombre des grands arbres, décoré d’une multitude de champignons que la chaleur a fait sortir après les pluies des jours derniers et agrémenté d’intermèdes architecturaux tels que la Kappel, église baroque à trois bulbes, perdue au milieu des champs, ou la somptueuse abbaye cistercienne de Waldsassen. Bref, une bonne journée !
À Waldsassen justement, nous découvrons que c’est une étape d’un chemin de Jérusalem qui démarre de l’abbaye de Volkenroda, au nord, et descend jusqu’à Passau pour sa partie allemande. Tiens, tiens, Passau, comme nous ! Le chemin traverse ensuite l’Autriche, la Hongrie, la Serbie, le Kosovo, la Macédoine du Nord, la Grèce, la Turquie, la Syrie, la Jordanie pour atteindre enfin Jérusalem. D’ici qu’on arrive là-bas, les affaires se seront peut-être arrangées : Netanyahu sera derrière les barreaux, la Cisjordanie sera libre, l’Iran sera présidé par une femme avec des couettes,… J’en doute, mais en attendant, ça peut quand même déjà nous donner une idée pour l’an prochain avec la traversée de l’Autriche sur le Jerusalemweg. C’est vrai que Jerusalemweg, ça sonne quand même mieux que « E6 », le nom de notre chemin actuel. A étudier…
Puisqu’on parle de chemin, lorsque nous quittions Konnersreuth par une route paisible, une petite voiture (c’est assez rare en Allemagne pour être signalé) s’est arrêtée à notre hauteur et la vitre passager est descendue. Je me baisse et il y a dedans au volant une petite dame qui veut parler randonnée. Elle comprend vite que ça ira mieux si on passe en anglais. Elle nous demande où on va, combien on marche par jour ; on apprend qu’elle a fait Saint-Jacques depuis le Portugal (nous aussi) et enfin on comprend que ce qui la travaille, c’est qu’elle ne randonne pas en Allemagne parce qu’elle ne saurait pas où dormir. Je trouve cette interrogation saugrenue de la part d’une Allemande et je lui réponds que ça ne nous a pas paru difficile car il y a des Gasthaus un peu partout. Sur quoi elle nous souhaite bon voyage, remonte la vitre et repart. Quelle drôle d’interrogation quand même ! Ça me trotte un peu dans la tête avant que tout ne s’éclaire ! Évidemment ! Je lui ai fait une réponse de gros bourge, genre s’il n’y a plus de pain, qu’ils mangent de la brioche ! Les Gasthaus, c’est sympa, mais c’est un budget ! Je pense qu’elle voulait parler de gîtes comme au Portugal où l’on peut dormir pour une dizaine d’euros. Ici, c’est pas du tout le même tarif ! Boulette digne d’une Amélie Oudéa-Castéra !
🥾23,8 km ↗️+420 m ↘️-443 m ☀️ 21‑27 °C









