Une fois n’est pas coutume, une rubrique courrier des lecteurs. Nous avons reçu ce message de notre ami Yves (le prénom a été changé), relatif au billet J10 du 15 juillet : « Donne la vraie raison de ton bidet d’aujourd’hui : tu ne t’es pas remis de l’auto-défaite de la France ! » Eh bien, Yves, merci pour ton message. [Allergiques au football, vous pouvez passer directement au paragraphe suivant.] Je vois que le « bidet » n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd et que tu as perçu le caractère freudien de ce mot, qui peut être lu comme un bide (fiasco) suivi du suffixe -et (petit), aveu inconscient du « petit fiasco » de mon billet d’hier. Intéressante interprétation que j’accepte volontiers. Par contre, je suis désolé, mais je me suis très bien remis de la défaite de l’équipe de France (pas de la France). Je ne reprends pas le terme d’auto-défaite, car si les Français ont perdu, je pense qu’on le doit surtout aux Espagnols, qui ont littéralement étouffé les Français. C’est une victoire stratégique ! Ils nous ont déjà fait le coup en Coupe des Nations, où nous avions frôlé l’humiliation. Les Espagnols ont trouvé le truc pour faire déjouer les Français et Deschamps n’a pas la réponse. Prostré sur son banc, il m’a fait penser à un candidat au bac qui aurait échoué l’année passée et retombe sur le même sujet, sur lequel il a fait l’impasse au prétexte qu’il l’avait tiré l’année précédente. Mais il reste l’oral d’anglais en guise de rattrapage !

Cheminant l’âme légère malgré la défaite des Bleus, nous distinguons un véhicule de type Berlingo Citroën blanc garé et deux individus semblant se livrer à une activité de cueillette sur le bord du chemin, en attestent leur position voûtée et leurs grands seaux. Nous nous approchons à pas de loup pour les surprendre en flagrant délit. « Bonjour ! » lançai-je jovialement. « Qu’est-ce que vous cueillez de beau ? » m’enquérais-je avec mon plus beau ton de garde-champêtre. Le couple de retraités obtempéra à mon injonction. « On cueille des feuilles pour nos lapins, ils adorent ça, vous voyez, c’est bien croquant. Parce que ce qu’il y a dans le jardin, c’est tout sec », avoua la femme. Je poursuivis mon interrogatoire. « Et comment s’appelle cette plante ? » Le mari, resté jusque-là en retrait, intervint : « Je ne connais pas le vrai nom. Nous, on appelle ça du faux-artichaut. » « Et vous avez combien de lapins ? » « On a deux mères qui nous ont donné huit jeunes cette année ». Je prends une photo de la feuille à lapin et je l’envoie au labo pour analyse. En attendant les résultats, je continue l’interrogatoire. « Alors comme ça, parfois, le dimanche, il y en a un qui passe à la casserole ? Je me souviens, ma tante en avait (des lapins). Ça m’impressionnait toujours quand mon oncle les dépiautait, tête en bas. » « On en fait à nos petits-enfants, mais pour tuer le lapin, on se cache… » Les résultats du labo sont arrivés. Les feuilles correspondent aux feuilles basales du cirse maraîcher (Cirsium oleraceum), appelé aussi cirse faux-épinard, et non pas faux-artichaut. Ceci dit, on rapporte que les feuilles ont un goût d’artichaut et de cardon, d’où la confusion. Autrefois, cette espèce de chardon était cultivée dans les jardins, d’où son nom de maraîcher. Bon, je crois que tout est en règle, nous allons pouvoir rendre leur liberté aux deux suspects. « C’est bon pour cette fois ! », m’abstins-je de leur dire. « Bonne journée à vous ! » En nous éloignant, je note mentalement le numéro de plaque minéralogique, on ne sait jamais. Garde-champêtre, c’est un métier !

🥾26,6 km  ↗️+460 m ↘️-465 m 🌤️ 24-32 °C

C’est parti !
Population de capillons
Être dans le droit chemin
Spéciale dédicace pour Huguette
Photo volets
Les fameuses feuilles pour les lapins
Photo fine (Ische – 88320)
Bourbonne-les-Bains ! Ses eaux, ses magasins fermés…