Pour ce premier jour de marche, nous reprenons nos bonnes vieilles habitudes et partons sur le coup de 10 h 30. Inutile de sortir le plan, nous connaissons Pavie comme notre poche car, en plus de nous y être arrêtés l’an dernier, nous y avions passé deux jours en 2013 lorsque nous faisions la Via Francigena. Nous allons d’ailleurs reprendre une partie de cet itinéraire jusqu’à Aoste, mais dans l’autre sens. Nous aurons loisir de voir si ce second passage ravivera les souvenirs des lieux. En 2013, la Via Francigena en Italie était déjà au top avec un superbe site internet et les tracés GPS des étapes. Aujourd’hui, il y a une appli pour smartphone avec carte intégrée, positionnement et même la possibilité d’avoir une alarme si on s’écarte du chemin. Je ne l’ai bien sûr pas activée, non mais ! Oui mais… J’aurais dû ;-)
Nous descendons la grand-rue, passons sur l’antique Ponte Coperto (en fait tout ce qu’il y a de plus récent car il date des années 50 mais il n’empêche qu’il en jette avec son look moyenâgeux) puis descendons sur la rive du Tessin (fiume Ticino) qui ici n’est pas sans rappeler la Loire (au passage, bonjour à nos amis orléanais). Nous longerons le fleuve pendant de nombreux kilomètres et ce pour la plus grande joie des moustiques. Il fait chaud et lourd, le ciel est gris laiteux, l’air est humide, toutes les conditions sont réunies pour exciter l’appétit de ces petits vampires. Au début, nous avons bien tenté de résister mais il a bien fallu se rendre à l’évidence, la cause était perdue et il ne nous restait qu’à endurer cette torture en silence. Lorsque nous quittons enfin la rive pour gagner les terres, nos bras et nos jambes ne sont pas sans rappeler le drapeau à damier croate. Tiens, pourquoi me vient cette image ?
Sur le coup de 12 h 30, il se met à tonner. Une fine plouie (au passage, bonjour à nos amis belges) se met à tomber dans un air immobile. Rien de désagréable, pas même besoin de s’équiper. Mais ça ne durera pas car le vent se lève et les gouttes grossissent et se refroidissent ! Nous nous équipons en hâte et poursuivons le chemin au milieu des rizières, tête basse sous notre chapeau trempé. Les gouttes sur les lunettes et la buée sur la protection transparente de l’écran du GPS ne facilitent pas la navigation. D’un autre côté, c’est balisé Via Francigena ! Mais attention, c’est balisé pour un sens et quand on prend le chemin à rebrousse-poil, certaines indications sont trompeuses, pas vrai les MirBen ?
Au bout d’une petite heure de ce régime, la pluie (au passage, bonjour à nos amis français) cesse enfin et l’air redevient doux et humide. De quoi donner un regain de vigueur à nos amis moustiques qui sont partis pour une petite resucée. Mais déjà pointe au loin le clocher du Duomo de Garlasco.
🥾27,4 km ↗️+70 m ↘️-40 m





Un râteau bleu édenté
Romance d’été
(haïku)

La rizière lui dit merci
Le marcheur se tait
(haïku)