Certes une longue étape mais bien plaisante : temps idéal, les trois-quarts du chemin dans la forêt au milieu des cerfs, des biches, des blaireaux et des sangliers, dont nous n’avons pas vu la queue d’un, bien sûr (et hélas), et un relief commençant à s’animer. D’ailleurs, l’horizon que nous découvrons en quittant le couvert de la forêt (non, ce n’est pas une cuillère en bois) nous révèle que ça ne fait que commencer et que quelques belles grimpettes s’annoncent pour nos futures étapes.
L’anecdote du jour : on a croisé une voiture de police tapie dans le chemin. Et alors ? Ben c’est tout… hormis que les policier·ère·s ont leur manche droite ornée d’un bel écusson avec un cheval blanc cabré sur fond rouge.
Ah, je vois un doigt qui se lève. Oui ? Pourquoi une si longue étape ? Eh bien, vous ne croyez pas si bien dire car quand nous sommes arrivés, en fait, nous n’étions pas encore arrivés. Mais commençons par le commencement. Comme il n’y avait pas d’hébergement directement sur le chemin à une distance raisonnable de notre point de départ (Wolfenbüttel), la meilleure option était Liebenburg, où une charmante Gästehaus « Zur Post » avec un site web désuet offrait des chambres. Les « bikers » y étaient même bienvenus, c’est dire ! Je remplis donc le formulaire de réservation sur le site. On était mi-juin. Pas de réponse. Une semaine plus tard, j’envoie un mail à « Kontakt » et pas de réponse non plus. Début juillet, je me résous à les appeler. Je prépare mon speech en allemand avec mon traducteur en ligne favori. J’appelle et je tombe sur un répondeur. Je débite mon texte et demande à être recontacté. La date du départ approche et toujours rien. J’envoie un mail à Hubertus, mon collègue allemand, pour demander son intercession. Dans la journée, il me répond qu’il a eu Osman au téléphone, qu’on aura une chambre mais qu’il ne faut pas arriver avant 15:00. Avec cette longue étape, pas de risque. Merci Hubertus ! On arrive à 16:16 devant cette typique Gästehaus devant laquelle bat au vent un super kakémono « Döner Kebab ». Ça promet et… c’est fermé. On sonne. Personne. On attend patiemment. Vers 17 heures, je vais voir la postière pour glaner des informations, des fois que…. La postière ? Et oui, ce n’est pas pour rien que la Gästehaus s’appelle « Zur Post » : il faut passer devant le Kebab pour accéder à la poste. Là j’apprends que 1) c’est fermé le lundi et que 2) la postière et Osman ne se sont jamais parlés… Ça sent pas bon c’t’histoire ! Va falloir activer le plan B car là, on est plan T ! Comme on est dans un pays civilisé, il y a un hôtel dans le bourg voisin, ils ont de la place, ils parlent anglais et me donnent le numéro d’un taxi. Lui ne parle pas anglais mais mon allemand est suffisant pour qu’à 18:06 et pour 20,70 €, nous arrivions au Ratskeller de Salzgitter et puissions enfin savourer une Pilsener bien méritée.
🥾29,2 km ↗️+340 m 🌤️ 23 °C







