« Vous avez vu les réseaux sociaux ? » nous accueille notre hôte lorsque nous descendons les raides escaliers de notre chambre en sous-pente, sac au dos et cuvette chargée de la vaisselle de notre dîner. « Euh… Non… euh », répondis-je avec assurance. « La fumée de l’incendie de Gironde est arrivée en Bourgogne ! Ça sent le feu. Enfin moi, j’ai presque plus d’odorat mais c’est ce qu’ils disent ! Vous avez des masques ? » Et c’est ainsi que nous quittons Curley, deux masques bleus dans la poche. Dehors, nous humons l’air ; ça a beau être encore l’heure du petit déjeuner, aucune odeur de pin grillé !
L’étape du jour est une véritable montagne russe qui nous fait traverser sept villages des Hautes-Côtes de Nuits (Reulle-Vergy, Curtil-Vergy, L’Étang-Vergy, Bévy, Collonges-lès-Bévy, Chevannes, Arcenant) en passant des creux de vallée qui les abritent aux sommets des collines qui les séparent, à travers bois, vignes, cassissières, prés, champs moissonnés et pelouses sèches.
À Reulle-Vergy, le village à la mairie-lavoir, au moment de s’engager dans le chemin, nous sommes doublés par un trailer muni de son gilet d’hydratation qui nous dépasse en nous saluant jovialement. Nous le retrouvons quelques centaines de mètres plus haut, devant une tombe du cimetière de l’église Saint-Saturnin. C’est l’occasion de discuter un brin. Impressionné par ces retraités qui marchent « à leur rythme » (c’est de lui), il entreprend de nous révéler ses spots préférés de Côte-d’Or. « Vous avez de quoi noter ? » La rente de Chamerey, le val de Leuzeu et la Roche Pompon pour une balade ; et, pour voir le lever du soleil ou prendre un apéro d’exception, une table de pierre à côté d’une cabotte au-dessus de Romanée-Conti. Il me l’a pointée sur Google Maps sur mon téléphone (47°09’48.8”N 4°56’38.0”E). Avis aux amateurs… Et puis hop, hop, hop… il a disparu dans la montée comme un esprit follet (le lutin bourguignon).
Nous poursuivons notre périple dans un style moins hop, hop, hop pour finir par la longue montée des bois de Montmain, haut lieu du maquis où André Rebillard, dit Staline, commandant du groupe des Chouettes, perdit la vie à 23 ans, le 15 juin 1944, lors d’une attaque de la Milice et des troupes allemandes (je dis ça pour les généalogistes de la famille ;-)). Nous descendons enfin au petit trot pour soulager nos genoux dans la raide descente vers Bouilland, notre terme, réalisant avec effroi que j’avais manqué une belle chute à J11, l’étape de Bourbonne-les-Bains, où nous aurions pu arriver à notre thermes. Du coup, je suis chaud Bouilland pour trouver un bon calembour pour ici mais sans succès ! Désolé !
🥾20,4 km ↗️+730 m ↘️-740 m 🌤️ 26-30 °C







