Eh bien pas du tout !
Contrairement à ce que j’avais écrit hier, Klaas ne finira pas sa vie là à accueillir les randonneurs, les motards de passage et les familles de Hollandais sur la route des vacances. Non, Klaas a un nouveau projet. Il aime changer de projet tous les sept ans, nous dit-il. Il en a soixante-quatre aujourd’hui et il est temps de passer à autre chose. Il a donc monté une fondation, acheté un bateau à Chypre et va consacrer ses sept prochaines années à l’étude de micro-plastiques en mer Méditerranée. En septembre, il part chercher son bateau qu’il remontera aux Pays-Bas pour le faire équiper. En attendant, ce qui l’inquiète, ce sont ces orques qui attaquent les navires aux abords de Gibraltar. Étonnant, non ? Eh bien nous, notre projet, c’est d’aller voir ce qui se passe 15 km plus loin par-delà la montagne et ce qui nous inquiète, ce sont les attaques de taons, et encore, ceux que nous avons rencontrés jusqu’à présent n’étaient pas bien vifs.
Un dernier Tchüss ! et nous prenons le chemin à gauche de notre Waldhaus pour remonter le cours de l’Oker puis passer sur les crêtes qui dominent l’Okerstausee, une vaste retenue d’eau en forme de Y, avant de redescendre dans la vallée jusqu’au petit village d’Altenau. Le ciel est couvert et il fait limite frisquet. On voit bien que cette histoire de réchauffement climatique est une vaste fumisterie, pas vrai, les Romains (40 °C) et les Andalous (45 °C) ? Mais en fait, même ici les effets du réchauffement climatique se font cruellement observer. Les forêts d’épicéas qui couvrent toutes les hauteurs ont été affaiblies par les canicules (il faisait plus de 30 °C ici la semaine dernière) et la sécheresse. Elles sont ainsi devenues des proies faciles pour le bostryche typographe, un redoutable petit coléoptère (5 mm) qui pond ses œufs sous l’écorce des arbres et dont les larves et jeunes insectes fraîchement éclos, par leur intense activité de forage, interrompent le flux de la sève à l’intérieur de l’écorce et provoquent la mort de l’arbre infesté. Ainsi, notre chemin alterne les passages au milieu de beaux épicéas (il en reste), parmi les arbres malades sans épines et à l’écorce grise et dans d’immenses zones de coupes fraîches aux allures de champs de bataille de 14-18. Il faut reconnaître que l’homme a sa part de responsabilité car le boisement originel était une forêt mixte, avec comme essence principale le hêtre, mais on a préféré le remplacer, pour des motifs économiques, par de l’épicéa à croissance rapide. On peut maintenant rajouter également « et à déclin rapide ». Ça ne m’étonnerait d’ailleurs pas que ce soit aussi un des éléments qui ont donné à Klaas l’idée d’aller voir ailleurs.
🥾15,8 km ↗️+530 m 🌤️ 21 °C





