Hier soir, il pleuvait au dîner. Au petit déjeuner, il pleuvait encore. Heureusement, au partir, il ne pleuvait plus, mais il faisait quand même un peu frisquet (un petit et humide 12 degrés). Côté étape, ce n’est pas bien compliqué : on monte pendant six kilomètres puis on descend pendant neuf, avec comme direction tout droit plein sud.

Enfin, j’aurais plutôt dû écrire : on monte pendant six kilomètres au milieu des épicéas morts et des coupes sèches puis on descend pendant neuf parmi les épicéas morts car oui, c’est vraiment la cata ici. Enfin, pas pour tout le monde ! Les pics épeiches se régalent et les digitales pourpres pullulent, en bonnes pionnières des clairières acidophiles planitiaires-collinéennes, comme on dit dans les bonnes flores.

Pendant ce temps, au milieu de tout ce bois mort, j’ai trouvé moyen de choper une tique en allant faire une photo à la c… et que vous ne verrez même pas devant une Hütte au bord du chemin qui n’avait comme seul intérêt de s’appeler Hubertus-Hütte et d’avoir ce nom écrit en bien grand au-dessus de la porte. Bref, un petit kilomètre plus loin, on s’arrête pour boire un coup (le soleil est revenu) et, assis sur mon sac à dos, que sens-je ? Un truc qui dépasse sur le galbe glabre de mon mollet. Je pense à de la boue séchée mais étrangement ça ne part pas en passant la main. Je regarde et que vois-je ? Une petite tique famélique à l’abdomen tout plat et presque transparent. Ça fait longtemps qu’elle n’a rien mangé, la pauvre ! Mais mon doux attendrissement ne dure pas plus longtemps. Ni une, ni deux, je plonge dans mon sac à la recherche de mon couteau suisse qui possède, entre autres, une pince à épiler. J’entends déjà le chœur de nos lecteurs : « Non ! Non ! Pas une pince à épiler sinon la tête va rester et c’est la maladie de Lyme assurée ! ». Ouais, ouais, je sais, mais laissez-moi faire. Avec une précision d’horloger, je positionne la pince et avec une pression juste suffisante, j’extrais le petit parasite. Inspection visuelle. Oulala ! Une de ses pièces buccales est restée « et c’est la maladie de Lyme assurée ! », ils me l’avaient bien dit ! Mais c’est oublier qu’en 1986, j’ai obtenu mon brevet de secouriste-charcutier. Je repars à l’assaut avec ma pince à épiler Victorinox et quelques minutes plus tard, je brandis triomphalement l’insidieux bout de tique. Non, ce n’est pas aujourd’hui que je fermerai boutique ! Puis je vide fiévreusement ma bouteille de Diaseptyl 0,5 % sur la plaie microscopique parce que si l’idée d’avoir la maladie de Lyme, ça m’use, celle d’attraper le tétanos, ça me tétanise !

🥾15,0 km  ↗️+390 m 🌤️ 19 °C

Bonjour tristesse
Mortelles typographies du bostryche typographe
Je ne sais pas quoi en pencher…
Prise de hauteur
L’autoroute des vacances
Deux côtés du chemin, deux ambiances…
La grande allée du cimetière des épicéas
L’avenir est au tout digitale
C’est ce qui s’appelle en français « Fais gaffe ou tu vas te prendre un pin dans la gueule »
Cuivré de la verge-d’or (Lycaena virgaureae)
Lepture fauve (Paracorymbia fulva)
Main stère