Édition spéciale – Édition spéciale – Édition spéciale
On a retrouvé le Sphinx du pissenlit ! Nous retrouvons tout de suite notre envoyé spécial sur place :
— Jean-Kevin, vous m’entendez ?
— (Après 30 secondes à fixer la caméra le regard abruti) Oui je vous entends très bien, Yves !
— Ici ce n’est pas Yves, mais Sonia. Mais ce n’est pas grave Jean-Kevin. On vous écoute. Expliquez-nous où vous vous trouvez.
— (Après 30 secondes à fixer la caméra le regard abruti) Excusez-moi Sofia. Alors là, je me trouve à Morgex à côté de Monsieur MirBen qui faisait partie de l’équipe de recherche, et qui a fait l’incroyable découverte. Monsieur Mirben, pouvez-vous nous raconter comment cela s’est-il passé ?
— Eh bien, sans grand espoir, puisque les recherches étaient restées vaines jusqu’à présent, nous avions décidé d’explorer le tronçon Leverogne – Morgex. L’équipe venait de gravir plusieurs centaines de mètres en explorant avec attention les bords du chemin quand tout à coup…
— Quand tout à coup quoi, Monsieur Mirben ?
— Quand tout à coup, disais-je avant que vous ne m’interrom – passiez – pissiez – pîtes – piez – m’interrompiez, nous décidâmes de faire une pause pour boire un coup, car vous savez combien l’hydratation est importante lorsqu’on marche en montagne.
— Et alors, Monsieur Mirben ?
— Il est arrivé pour butiner la fleur à côté de laquelle j’avais posé mon sac.
— Qui ça « il » ?
— Eh bien, le Sphinx du pissenlit ! Vous suivez ou quoi ? Amata phegea en personne !
— Et alors, Monsieur Mirben, vous pouvez nous en dire plus ?
— Ben on était content. On lui a demandé s’il allait bien et s’il était d’accord pour une petite séance de shooting photo, ce qu’il a accepté.
— Et ensuite ?
— Excusez-moi Jean-Kevin, mais on va devoir se quitter car nous avons un direct avec l’institutrice de CP d’Alexandre Benalla et elle a des informations exclusives à nous révéler ! Jean-Maurice, c’est à vous !
Après cette joyeuse et fortuite rencontre, le plus dur restait à venir ! Ce qui devait être une petite étape de transition avant la grande étape du col du Petit-Saint Bernard est peut-être ce qui restera comme une des étapes les plus difficiles de cette saison. Est-ce vraiment étonnant ? Pas quand on connaît le machiavélisme de Monsieur Zouzou ! Pour passer de Leverogne à Morgex, 130 m plus haut dans la vallée, on se tape 1 260 m de dénivelé ! Et quel dénivelé ! Du chemin raide qui monte quasi tout droit dans la forêt pentue. Oui c’est joli, ça sent bon les aiguilles de pin et la mousse, mais n’empêche ! Et on ajoute une jonction (entre le chemin qui monte tout droit et le chemin en balcon qui va nous faire avancer un peu quand même vers Morgex) qui n’existe pas physiquement et qui nous oblige à faire du hors-sentier en forêt dans la pente, c’est pas coton ! Et enfin la batterie du téléphone, sollicitée sauvagement par la lecture du GPS en l’absence de balisage et de chemin, qui décline plus vite que prévue ! Sans parler du rendez-vous à 17 h 00 devant l’église de Morgex pour récupérer les clés du B&B (je pensais arriver cool vers 16 h 30) qu’on a repoussé à 18 h 30 et auquel on est arrivé à… 18 h 30 en ayant adopté la cadence de combat sur les derniers kilomètres ! Bref, nous voilà dans les meilleures conditions musculaires pour le gros dénivelé de demain !
Mais c’est aussi notre dernière soirée en Italie. Pas question de manquer les deux incontournables que nous ne trouverons plus en France : l’aperitivo avec le fameux Spritz Aperol (on en profite pour porter un toast au Sphinx du pissenlit et maudire Monsieur Zouzou pour trois générations de plus, ce qui doit porter le total à 21) et la gelato en cono, à déguster en se promenant après le repas dans le vieux et typique Morgex.
La dolce vita quoi !
🥾24,6 km ↗️+1 258 m ↘️-1 124 m








