Nombre de jours sans boulette : 5

Aujourd’hui, pour rejoindre Pontcharra au sud, nous ne longeons pas l’Isère comme les jours précédents, ni les contreforts de Belledonne comme hier, mais parcourons la crête d’une fantaisie géologique, une espèce de bourrelet gracieux qui émerge comme une longue île dans la verte platitude de la combe de Savoie. C’est un long chemin au milieu des arbres, loin de toute route et ponctué de vestiges du Moyen Âge tels les tours de Montmayeur. Ce n’est qu’en redescendant que nous croisons quelques hameaux et traversons nos premiers vergers de noyers, indiquant qu’on se rapproche de l’Isère. C’est aussi en redescendant que nous avons la pleine vue sur le massif de la haute Chartreuse dont nous aurons à franchir l’imposante muraille demain. Une sacrée journée en perspective ! Mais à chaque jour suffit sa peine. Ce soir, nous dormons au château.

Trouver un hébergement pour cette étape n’avait pas été simple. Le dernier hôtel-restaurant de Pontcharra a fermé il y a quelques années et Booking ne ressortait rien dans les proches environs. Nous avions laissé la case blanche et nous étions remis à chercher lorsque nous étions déjà dans le Val d’Aoste. La seule possibilité semblait être un château faisant chambres d’hôtes. Après plusieurs coups de téléphone sans succès, je passe au mail. J’explique que nous sommes des marcheurs sur la Via Sancti Martini et que nous avons besoin d’un hébergement. La dame (nous ne savions pas encore qu’elle s’appelait Mireille) nous répond que c’est malheureusement complet et qu’elle n’a jamais entendu parler de la Via Sancti Martini. Je lui réponds en décrivant la Via et en lui disant qu’on est en ce moment en Italie. Et là, nouveau mail où elle nous dit que nous l’intriguons et qu’exceptionnellement nous dormirons dans une chambre au château (les chambres d’hôtes sont dans un bâtiment annexe du XVIe seulement). Hourra ! Le gîte est assuré !

C’est ainsi que nous arrivâmes au château par cette chaude journée. Mireille, notre hôte, nous fait faire le tour du parc, puis nous montre notre immense chambre avec parquet qui craque, comme il se doit dans une bâtisse du XIVe. Quand il est question de savoir par quelle porte ressortir, elle nous propose de dîner avec elle et son mari. Végétarien ? Pas de problème ! Et nous voilà donc avec le gîte ET le couvert ! La bonne étoile des marcheurs brille toujours et une bonne fée leur a ouvert ses portes !
Superbe dîner dans le jardin où, après avoir tout raconté de notre périple et de nos périples passés, nous saurons tout du château ! Et grand merci à nos hôtes !

🥾25,6 km  ↗️+716 m ↘️-742 m

Porte pas-lierre
Larve (dernier stade) de punaise verte (Palomena prasina) qui s’habille en De-vert-noix.
Grand collier argenté (Boloria euphrosyne)
Oursin des chemins (Ursinus camini)
Et dire que demain on monte là-haut !