Passée l’euphorie du premier jour, le réveil nous ramène à la triste réalité physiologique de nos vieux corps : muscles raides, tendons douloureux, genou gonflé, épaules endolories, lombaires susceptibles, ampoule oubliée… Mais après tant d’années de marche, cela est devenu une routine familière et nous savons qu’au bout d’une semaine, peut-être deux, voire trois et en tout cas pas plus de quatre, tout ceci ne sera plus qu’un lointain souvenir et que nous nous lèverons frais comme des gardons. Mais nous n’en sommes pas là pour le moment, écrit-il en allongeant sa jambe pour soulager son genou qui craqua comme pour le remercier…
Encore une belle étape, encore à travers les Monts du Lyonnais faite de chemins ombragés, de crêtes aux panoramas toscaniens, toscanesques, qui font penser à la Toscanie, de vallons humides et de chemins agricoles bordés d’arbres à l’âge respectable.
Nous traversons le village de Saint-Genis-l’Argentières où un gros terre-neuve qui aboyait à notre approche s’est pris un coup de bassine en plastique, bleu si vous voulez tout savoir, et au masculin car je fais référence au plastique et non à la bassine mais qui est bleue également puisque faite du plastique susmentionné, tout cela nous écartant de notre pauvre chien qui s’est donc pris un coup de bassine bleue car j’ai décidé, par esprit de parité, d’utiliser le féminin cette fois, au motif (le coup de bassine) que, je cite sa vieille maîtresse “Si tu crois que c’est parce que t’es gros que tu fais peur !”. Il est vrai que l’aboiement était un peu poussif et que nous n’avons pas eu très peur, mais méritait-ce un coup de bassine qui, si elle eût été rose, n’aurait été la cause d’aucune digression ?
Nous traversons ensuite le bourg de Sainte-Foy-l’Argentière où sont survenus tout récemment un honneur régional et un drame national ! Honneur régional d’accueillir le passage du Tour de France lors de la huitième étape Mâcon – Saint-Étienne et drame national de la traversée du bourg pendant la page de publicité sur France 2, privant la France entière du spectacle du superbe rond-point décoré du haut du bourg, fruit du travail et de la créativité des agents municipaux sous la houlette de Marcel Macheprot, adjoint chargé des travaux, et d’Anaïs Berthon, adjointe au sport. Des mois de labeur annihilés au profit de la deuxième paire gratuite, du quatrième pneu offert, des M&M’s qui sont là et des SUV taillés pour l’aventure, quelle tristesse ! La déception et l’amertume sont encore palpables aujourd’hui dans le bourg. Mais heureusement, les MirBen sont là et vous découvrirez parmi les photos qui suivent, en exclusivité, ce dont les millions de téléspectateurs dans les 190 pays où est retransmis le Tour de France auront été injustement privés.
Et c’est ainsi que, portés par la fierté de rendre à Sainte-Foy son honneur bafoué, nous arrivâmes à Haute-Rivoire où nous réalisâmes la performance de discuter sur un bout de trottoir de la difficulté de débarder les épicéas touchés par la canicule de 2018 et dont le cœur a pourri avec un jeune bûcheron de Gérardmer parfaitement inconnu une minute auparavant et qui a vécu quelque chose de suffisamment important le 14 juin 2016 pour se faire tatouer cette date autour de son cou. Mais c’est une autre histoire…
🥾25,9 km ↗️+560 m ↘️-675 m




