Après le petit-déjeuner, Roger (prononcer Rodger), notre hôte rigolard qui mélange anglais et français dans un joyeux sabir, nous appelle pour nous montrer le silure qui rôde dans le bras de la Creuse qui alimente le moulin. Il l’a attiré pour nous en lançant quelques morceaux de jambon. C’est un petit d’à peine 70-80 cm. « Plus loin dans le Creuse, il y a un big trou de seventeen mètres et j’ai ami qui fait le diving qui a vou un very very big fish. Il a ou très peur. Ha ! Ha ! » (je vous avais dit qu’il était rigolard). Il est aussi fataliste et ponctue ses phrases de « C’est comme ça ! » En hiver, le moulin ne voit pas le soleil et la vallée est humide… « C’est comme ça ! » Jess s’est cassée une côte en tombant à moto… « C’est comme ça ! » Il a encore des travaux à faire pour ouvrir une deuxième chambre mais ne sera pas prêt pour la prochaine saison… « C’est comme ça ! »
Nous partons enfin. Ses dernières paroles seront « Bon maintenant, je vais mettre ma petit joupe et faire le ménage. Ah ! Ah ! »
Au programme aujourd’hui, encore cette maudite voie verte. Je vois rouge. Nous allons plutôt commencer par un petit détour pour aller voir les étangs de la Brenne. Une boucle de 7 km qui nous permettra d’éviter 1,5 km de MVV (Maudite Voie Verte), c’est déjà ça, et de calmer notre frustration. Au moins aurons-nous vu un peu de nature ouverte et ensoleillée aujourd’hui ! Bon, si sur la carte, le chemin passe bien entre de gros étangs, ils ne sont pas visibles depuis la route. Le premier dont nous pouvons atteindre la berge est à sec et déjà envahi par la végétation… « C’est comme ça ! » Le suivant est par contre bien en eau et ses rives sont couvertes de splendides fleurs jaunes, des jussies. Mais ce sont des beautés du diable ! C’est une espèce extrêmement envahissante qui, si on laisse faire, aura tôt fait d’envahir l’étang lui-même et d’y empêcher toute forme de vie aquatique. Une seule solution, l’arrachage manuel… « C’est comme ça ! » Encore quelques clichés de la vie sauvage avant de retrouver la MVV et sa pauvreté faunistique. Tiens, on a dû changer de communauté de communes, car le chemin est maintenant bitumé sur un bon mètre quatre-vingts de large. Il n’en est pas devenu plus plaisant pour autant mais… « C’est comme ça ! »
🥾24,3 km ↗️+70 m ↘️-80 m




