L’avantage des Airbnb « boîte à clé » sans petit déjeuner, c’est qu’on part quand on veut. Et comme aujourd’hui c’est une bonne étape, qu’il y a du stop à l’arrivée et que manger dix petites galettes Saint-Michel trempées dans une tasse de Nescafé ne prend pas une plombe, on est partis de bonne heure. Enfin, ne vous méprenez pas, c’est une bonne heure mirbenesque : 9 h 10. C’est pas méga tôt, comme dirait Saint Michel en se reniant [à la relecture, j’ai l’impression que la bouteille de Givry premier cru d’hier soir a laissé des traces].
En descendant de notre colline, nous réalisons que le « sommet » là-bas, surmonté de son pylône et qui semble si loin, c’est notre grande ascension du jour : Mont-Saint-Vincent, deuxième lieu habité le plus haut de Saône-et-Loire, nous dira la brochure touristique un peu plus tard.
Cheminant d’un bon pas sous un ciel laiteux, (bien que la race charolaise soit une race à viande),nous atteignons ce bourg haut perché (alt. : 529 m), dominé par une belle église romane du XIIe siècle dont je vous laisse deviner le nom. Un coup d’œil sur le panorama, qui un autre jour serait probablement superbe, et nous entamons notre descente vers la vallée de la Guye.
Je ne vais pas vous rebattre les oreilles avec les difficultés de trouver un hébergement sur le GR 7, mais aujourd’hui, c’est un cas d’école, même s’il n’y en a plus depuis longtemps à Chevagny-sur-Guye. La seule solution, c’est l’Hôtel du Commerce à Joncy, sur la départementale, dix kilomètres au nord, accessible d’un petit coup d’auto-stop. J’ai repéré le lieu idéal, devant la mairie où il y a l’unique passage pour piétons précédé d’un ralentisseur, ce qui permettra aux automobilistes de lire notre panneau magique. En plus, c’est en face de la boulangerie. Bon, elle n’est ouverte que de 16 h à 19 h, et seulement le mercredi et le vendredi, mais ça tombe bien car on est pile dans le créneau. On s’installe quand Yolande arrive avec sa petite voiture rouge et se gare pour aller chercher son pain. Elle avise notre panneau et le pouce de Mireille et nous dit : « Je ne vais pas par là mais vous allez trouver. » Puis, prenant à partie un monsieur devant la boulangerie : « Ils vont trouver, c’est sûr. » Et, se retournant vers nous : « Je vais en parler à la boulangerie. On va vous trouver. » Puis elle rentre dans la boutique.
On ne peut pas dire que la D983 soit très passante mais le ralentisseur nous donne un contact direct avec les automobilistes. Un monsieur passe à Joncy mais n’a qu’une place dans sa fourgonnette. Cinq minutes plus tard, Yolande sort de la boulangerie et vient à nous : « Bon, je vais vous déposer à Joncy, vous n’aurez qu’à empiler vos sacs sur la banquette. » Elle nous ouvre sa voiture et repart à la boulangerie. Manifestement, notre cas la travaillait ! Cinq minutes plus tard, elle ressort enfin, chargée de deux gros sacs. Car cette petite boulangerie de paysan-boulanger bio sert aussi de dépôt pour les légumes du maraîcher bio et les fromages de la chèvrerie bio. Et nous voilà partis avec Yolande, dans la direction inverse de sa maison, vers Joncy. Yolande, Meusienne d’origine, qui ne quitterait pour rien au monde sa région d’adoption, sait ce que c’est que la randonnée : c’est une ancienne du Club alpin français et elle vient de terminer le tour du Cézallier à vélo. Nous voilà arrivés à Joncy. « On peut savoir comment vous vous appelez ? » — « Yolande. » — « Merci, Yolande, et bon retour. »
🥾25,9 km ↗️+540 m ↘️-680 m 🌤️ 22-27 °C








