Aujourd’hui encore, nous goûtons aux joies d’un paysage uniformément plat, ainsi qu’à grosses gouttes (32 °C toujours). Nous n’en avons pas encore fini avec la plaine du Pô mais les montagnes au loin ne cessent de grossir.

Mais est-ce parce que c’est plat que c’est ennuyeux ? La réponse est définitivement non ! D’abord, si le chemin est composé de tronçons rectilignes, il aime aussi tourner à angle droit et sans toujours prévenir. Malheur au marcheur inattentif ! Ensuite, ce n’est pas parce que c’est plat qu’il ne s’y passe rien ! Au loin, un train qui passe ; derrière nous, un tracteur auquel il faut céder le passage puis endurer la poussière soulevée ; ici, un ragondin qui disparaît silencieusement sous l’eau trouble du fossé ; là, de hautes herbes où les libellules pullulent. Sur le chemin, il y a aussi son lot de drames, comme ce sympétrum sanguin qui s’empêtre dans la toile d’une féroce argiope frelon et va bientôt finir momifié (en résumé, une libellule rouge qui va se faire bouffer par une araignée jaune rayée de noir), ou son lot d’énigmes comme ce cadavre d’hirondelle sans tête qui gît sur le bord d’un talus. La première hypothèse qui vient à l’esprit est bien sûr le colonel Moutarde et son célèbre chandelier, mais c’est plus vraisemblablement une collision avec un train car nous longeons la voie ferrée. La police scientifique se rend sur place.

Et puis, il y a tous ces échassiers grands et petits qui offrent un spectacle toujours renouvelé, d’autant qu’à force de les côtoyer, nous en percevons plus de détails. Ainsi l’aigrette garzette, juste un oiseau blanc avec une aigrette qu’on ne voit pas, a désormais un bec noir, des pattes noires et des pieds jaunes de la couleur des bottes des pêcheurs à pied ! Nous avons découvert le cousin du héron cendré, le héron pourpré, plus rare, au ton brun roux. Et il y a ces petits échassiers qui volent en laissant traîner leurs longues pattes et en faisant pouet-pouet comme si leur équipe avait gagné la coppa del mondo. Et il y a encore ces sacrés ibis sacrés (vous savez, ces oiseaux qui font deux nids) que nous ne nous lassons pas d’observer, avec leur drôle de bec courbe et leur vol tranquille. Et enfin, il y a ce magnifique vert des rizières, ce vert puissant symbole de chance (on est pas dans la plaine du Pô par hasard) et d’espoir. Pas un jour où je ne répète que ce vert est magnifique !

Et nous arrivâmes à Santhià.

🥾27,3 km  ↗️+70 m ↘️-15 m 🌤️ 32 °C

On commence en empruntant de l’argent à la Mafia pour acheter des roues de tracteur et puis c’est l’engrenage !
Si les Croates fournissent leurs châteaux d’eau aux Italiens, pas étonnant que les Italiens supportent l’équipe croate à la coupe du monde !
Ce rutilant percolateur fêtera ses 100 ans en 2021. What else ?
On en profite pour faire un petit coucou à Apolline (2 mois et 16 jours)
Objet trouvé ;-)
— Vous reprendrez bien du risotto ?
— Volontiers, madame Bayer-Monsanto !
Admirez dans la rizière,
Ce pied de nez à Bayer !
Vert du riz et bleu de ciel,
Les cailloux crissent sous nos semelles