Une bonne grosse étape sous la chaleur (31 °C) où nous avons bu nos deux litres et demi (à deux). Comme hier, nous sommes montés sur le flanc gauche de la vallée (qui est à notre droite) et avons grimpé raide, puis suivi la courbe de niveau, puis remonté, puis suivi une nouvelle courbe, puis monté encore, et suivi une dernière courbe à 750 m, puis sommes redescendus vers Aoste que nous avions en vue depuis longtemps. Pas mal de secteurs sur bitume qui nous ont permis de profiter pleinement de la chaleur, de la réverbération du soleil et du doux fumet des hydrocarbures aromatiques polycycliques qui s’en dégagent. Pas mal de petits villages et de hameaux aussi, mais pas un café avec terrasse et parasols ! Un pur scandale ! Je demande une commission d’enquête parlementaire !
Et puis mon chapeau a disparu ! C’est que j’y tiens, à mon chapeau ! Ils me durent longtemps ! Celui-là, je l’ai depuis le deuxième tronçon de la route de Saint-Jacques. Pour le premier tronçon, je portais une fausse bonne idée : un bob avec une large visière, jusque-là, ça va, une bande percée de trous (genre moustiquaire en un peu plus épais), la fausse bonne idée, et un dessus de bob normal. Je ne sais plus si la bande percée de trous avait l’effet d’aération vanté (venté ?), mais ce dont je me rappelle, c’est qu’elle produisait sur le front un bronzage à carreaux des plus ridicules. Bref, ce matin donc, je boucle mon sac, l’assure sur mon dos et me saisis d’un geste familier de mon… Mais il est où ? Comme la chambre est petite, la recherche visuelle est vite faite. On passe à la fouille en règle, secouage du fatras de draps, exploration du dessous du lit, vidage du sac ! Rien, niente, pas de trace. L’heure est grave. Mais il faut partir, l’étape est longue. Nous descendons les escaliers pour remettre les clés dans le casier quand soudain, que vois-je ? Mon bob soigneusement plié en deux sur le comptoir de la réception ! Alléluia ! Je ne mourrai pas d’insolation, ni de brûlure au 3e degré ni, alternative, de ridicule avec mon foulard avec un nœud à chaque coin sur la tête comme Raimu dans un vieux Pagnol ! Alléluia ! Bon, quand je parle de comptoir de la réception, je m’enflamme un peu car je vous rappelle qu’on est descendu dans un Une étoile : le comptoir se réduit à un dessus de radiateur en marbre fendu sous le casier à clés, dans le corridor qui tient lieu de lobby, à côté de la porte fièrement marquée DIREZZIONE dont je ne savais pas qu’il s’agissait du mot italien pour débarras. Je saisis mon chapeau avec amour, lui promis de ne plus jamais m’en séparer, et m’en couvris le chef avec un immense sentiment de soulagement, prêt à affronter cette terrible étape !
🥾28,0 km ↗️+625 m ↘️-600 m 🌤️ 31 °C

D’avaler avec entrain !


Une plume de geai !




