Nous quittons le village médiéval de Villerest, son château, son cabaret transformiste parrainé par Michou, son lac interdit à la baignade pour cause de cyanobactéries et nos hôtes en pleine discussion sur l’écologie* avec un voisin autour d’un petit verre de rosé (sans “e”, celle-ci s’étant évaporée depuis longtemps) pour le village médiéval de Saint-Haon-le-Châtel qui, de châtel, n’a plus que les ruines de ses remparts, mais qui possède encore moult maisons à pans de bois du Moyen Âge, manoirs Renaissance et hôtels particuliers du XVIIe siècle.

L’étape du jour (l’étapounette, devrais-je dire) traverse la plaine agricole qui s’étend autour de Roanne jusqu’au pied des monts de la Madeleine. La plaine est dédiée principalement à l’élevage et les pauvres charolaises broutent une herbe brûlée par le soleil. Nous avons nous aussi bien chaud au milieu de cet espace où l’ombre est rare et où le soleil est réverbéré sur le sol clair des prés jaunis et des chemins poussiéreux, mais nous nous réconfortons en pensant que 29 °C, c’est quand même 10 degrés de moins que ce qui est annoncé la semaine prochaine ! Argh !

À l’Estaminet (c’est ainsi que se nomme le café-épicerie-souvenirs dans un village médiéval qui se respecte) où nous dégustons une petite bière (Picon pour moi) avant le repas du soir, la patronne a tôt fait de nous démasquer comme pèlerins de la voie de Saint Martin suite à un petit interrogatoire rondement mené. Elle nous propose gentiment de nous tamponner mais nous lui répondons en termes plus choisis que nous nous en tamponnons car notre credencial est dématérialisée et que notre blog en fait office. Puis nous devisons sur le peu de gens cheminant sur la Via Sancti Martini, sur l’émissaire du pape qui est venu en 2014 pour officialiser et bénir l’étape (elle a la photo), sur Tours qu’elle a habité 17 ans sans savoir que Saint-Martin reposait dans la Cathédrale et enfin sur le village de Saint-Haon où elle vit aujourd’hui. En me rendant la monnaie, elle me dit avec fierté « Nous sommes classés !  », sur quoi je demande avec perfidie « VOUS êtes classée monument historique ?  » « Non, village DE CARACTÈRE !  » répondit-elle en montrant les dents !

* Nous savons qu’ils parlaient d’écologie car, sans écouter bien sûr, nous avons entendu le mot “homard” prononcé à plusieurs reprises [NDLR : pour ceux qui n’ont pas la « ref », googlez « de Rugy homards »].

🥾17,3 km  ↗️+175 m ↘️-125 m 🌤️ 29 °C

La plaine roannaise est tellement sèche que, si un artiste la peint, il la peint grillée
Caloptéryx vierge (Calopterix virgo), mâle
Agrion vierge (c’est son petit nom plus commun) paré au décollage
Même sec et fané, le coquelicot sait compter jusqu’à 10 !