La pluie a cessé quand nous nous mettons en chemin mais le ciel est toujours bien gris. Les laitues vireuses et scarioles sont en fleur aujourd’hui ; ce n’est pas si souvent. J’en prends une photo qui, comme tant d’autres, ne donnera rien, quand une voiture passe en klaxonnant joyeusement, idem pour Mireille une centaine de mètres devant (eh oui, prendre une photo ça veut dire ensuite cavaler derrière pour rejoindre l’échappée). Ce sont nos hôtes Monique et Chantal qui vont faire les courses à la ville ! De grands signes de la main en réponse et la voiture a déjà disparu au loin.
Au programme aujourd’hui, descente dans la vallée de l’Indre, remontée à travers bois et champs (et zone industrielle), arrivée sur les bords du Cher que nous suivrons jusqu’à Larçay. Nous sommes accueillis par une sterne pierregarin, ce superbe oiseau gris clair et blanc, à la calotte noire, au bec orange intense et à la queue fourchue. Belle entrée en matière. Moins bonne nouvelle pour le Cher, la présence des jussies à grandes fleurs qui colonisent ses berges. Nous avions déjà rencontré ces belles et terribles fleurs jaunes dans la Brenne.
La pitance du soir est un souci constant pour le marcheur et nécessite un peu d’anticipation pour ne pas être pris au dépourvu. La chambre d’hôtes fait-elle table d’hôtes ? Si non, y a-t-il un restaurant proche ? Si oui, est-il ouvert ? Sur le site du manoir où nous passons la nuit, il est indiqué qu’il y a deux restaurants à Larçay. En regardant de plus près sur Tripadvisor, on voit que le dernier commentaire pour l’un d’eux remonte à octobre 2016, ce qui n’est pas bon signe ! Rien ne vaut le renseignement direct ; j’appelle notre chambre d’hôtes qui m’informe que LE restaurant du village est ouvert et que sinon, on peut commander des pizzas et les déguster sur les tables de la terrasse. Cool. Merci madame. Mais il faut se méfier du restaurant du village qui peut parfois être complet, on l’a déjà vu. Du coup, j’essaye de réserver à plusieurs reprises mais sans arriver à les joindre. Bizarre. Arrivés au Manoir, l’intendante (c’est comme ça qu’elle signe les papiers d’information disséminés çà et là) nous reconfirme le restaurant et les pizzas ainsi que le parc de 7 hectares mais lui ne se mange pas.
À 19 h 30 pétantes, l’horloge de l’église peut en témoigner, nous sommes au restaurant qui est ouvert ! Les tables sont dressées sur la terrasse, la porte est ouverte mais il manque juste un truc : quelqu’un. Personne, pas âme qui vive. Après 10 minutes, nous nous translatons vers le bar voisin pour prendre une petite bière et leur demander s’ils sont au courant de quelque chose. « Non. Et c’est bizarre parce que c’était déjà comme ça hier soir ! » Heureusement, nous avons un plan B. Se faire livrer une pizza. Nous profitons de la serveuse pour connaître les pizzerias qui livrent dans le coin. « Il y a celle de Véretz, d’ailleurs le jeune homme là-bas y travaille ! » Mais si le jeune homme qui y travaille sirote son monaco ici, c’est que la pizzeria est fermée pour congés. « Mais y en a une autre à Saint-Avertin qui livre sur Larçay ! » Un petit coup d’internet et hop, Allo Pizza à Saint-Avertin, livraison dès 23 € d’achat. Parfait. On appelle et… Nous tombons sur le répondeur. Fermé jusqu’au 12 août ! Plan A, plan B et plan C qui tombent à l’eau, je crois que nous allons être plan T. En payant notre bière au comptoir où la crème des clients est rassemblée car le bar va bientôt fermer, j’ai l’occasion de raconter ma petite histoire. « C’est laquelle que vous avez appelée à Saint-Avertin ? Ah ben, c’est pas celle-là qu’il fallait appeler ! C’est L’Ile aux Pizzas ! En plus, elles sont meilleures. » Je les remercie de cette précieuse information et nous les laissons s’étriper sur le fait de savoir si Saint-Avertin est à 2,5 km ou 4,5 km de Larçay.
De retour au Manoir (à 0,3 km), nous nous installons sur un banc, face au parc aux arbres centenaires pour faire notre choix sur le site de L’Ile aux Pizzas et les appeler. Ça sonne. Ça décroche. « C’est pour une commande. » Plus personne ne répond, on entend les bruits de la pizzeria. La Sicilienne est prête pour la 12. Puis une charmante voix féminine me dit : « Excusez pour l’attente. C’est pour une commande ? » « Oui, à livrer à Larçay. » « Il faudra passer la chercher car nous ne faisons pas de livraisons aujourd’hui… »
« Mireille, je crois qu’il reste dans mon sac le paquet de noix et d’amandes qu’on avait acheté pour notre dînette à Nohant-Vic. C’est bon à la santé, les amandes et les noix, hein ! »
🥾25,4 km ↗️+65 m ↘️-125 m




