Enfin une étape d’une longueur raisonnable sous une température encore déraisonnable, mais quand on voit le temps qu’il fait à Nasbinals en ce moment, 18 °C au plus chaud de la journée, on se dit qu’on regrettera la chaleur gardoise. Enfin, ça, c’est si on arrive à Nasbinals.

On n’a pas l’habitude de s’étendre sur nos petites douleurs qui sont le lot des randonneurs (frottements des bretelles sur les clavicules, de la ceinture sur les hanches, égratignures des ronces et autres épineux, coups de soleil à la limite des chaussettes, séquelles de glissades, échauffements plantaires, genoux et hanches douloureux, crampes, ongles noircis par les chocs, ampoules…) et à la relecture de cette liste, je me dis que nous avons bien raison. Seulement là, je commence à être inquiet pour la suite du voyage. L’ampoule que j’avais évoquée hier, « grosse comme une pièce de cinquante euros » ne s’est pas arrangée sous l’effet des 30 000 pas du jour. Elle est gorgée [si vous êtes à table ou comptez y passer prochainement, merci de sauter directement au paragraphe suivant] de sang et de lymphe, suinte, les orteils sont gonflés et rougeauds comparés à l’autre pied. Bref, ce bobo n’est pas beau-beau, et peut-être bientôt bot-bot.

En plus, je suis arrivé à court de compresses, les pansements pourraient ne pas suffire et notre désinfectant est un peu léger. Je n’avais pas anticipé que nous pourrions avoir de tels soucis, ces mêmes chaussures avaient été si confortables l’an dernier, mais c’était oublier que c’étaient des vacances plan-plan, comme me le faisait remarquer encore dernièrement le Capitaine Oksymor. Nous profitons donc de la pharmacie, un rien vieillotte, d’Anduze pour refaire les stocks.

Arrivés à l’hôtel, je passe aux soins qui consistent, dans mon approche thérapeutique, à faire un maximum de trous avec mon aiguille de seringue pour permettre au liquide de sortir dans l’espoir que l’ampoule sèche. C’est assez basique comme approche mais jusqu’ici ça a toujours été efficace. Cependant, vu l’état et l’ampleur de cette vilaine phlyctène, je doute qu’elle puisse sécher en une nuit. Elle et moi sommes partis pour une longue cohabitation, si nous parvenons à éviter l’infection, car alors ce serait une toute autre paire de manches, quoique je ne vois absolument pas ce que des manches viennent faire dans mes problèmes intra-chaussettes !

🥾19,4 km  ↗️+295 m ↘️-270 m 🌤️ 26-31 °C

Merci les chasseurs du Gard pour cette plantation d’intérêt faunistique et floristique
Mesure anti-ampoules ?
Valait-ce vraiment le deux tours ?
Circuit court ?
On m’a à l’œil
Le train à vapeur des Cévennes et les tuteurs du potager de Mme Clayrac
On s’y croirait !