L’orage a éclaté dans la nuit. Il a plu jusqu’au petit déjeuner, ou peut-être avons-nous attendu qu’il ne pleuve plus pour le petit déjeuner.

Sur le coup de 10 h 37, nous quittons (enfin) notre hôtel en sursis pour suivre le GR (comme chaque jour, du reste) qui emprunte la D907 sur un bout suffisamment long pour augmenter significativement nos chances de nous faire écraser, avant de s’élever par un salutaire chemin vers le col de Saint-Pierre. Mireille, en tête, s’inquiète de ne pas voir nos familières balises rouges et blanches. Benoît, en queue, tente de la rassurer avec des Non, non, pas de soucis. Si, si, c’est bien le GR, pas de doute. Non, non, mais si, le GPS est formel, on est bien sur la bonne route et de toute façon, y en a qu’une ! Ce n’est qu’un peu plus tard que nous réaliserons que les balises sont bien là, mais sous une épaisse couche de peinture grise. Une équipe de débaliseurs de la FFRP nous a précédés ! Sale affaire ! Ce qui ne nous empêche pas d’arriver sans encombre au col.

Bon, jusqu’à présent, les randonneurs qu’on a croisés se comptaient sur les doigts de la main, avec les deux petites dames du début et, hier, un couple avec de gros sacs qui montaient sur le Puy-en-Velay. Mais alors là, en attaquant la descente vers Saint-Étienne-Vallée-Française, c’est une vague qui nous submerge. Des petits, des grands, des jeunes, des vieux (surtout), des solitaires, des couples, des groupes, des athlétiques, des bedonnants (surtout), des avec bâton, des sans bâton, des petits sacs à dos, des gros qui débordent, un sac à claies des années 80, un jeune barbu qui porte sa tente dans ses bras repliés, des qui mangent des salades de lentilles dans une boîte de plastique, des qui disent bonjour, des qui restent cois, des qui ne te voient même pas, des qui bavardent « c’est un grand spécialiste des nids de frelons, même les pompiers viennent le voir… », des qui bassinent leur binôme « c’est une mesure mise en place par la région Île-de-France dans le cadre… », des qui portent leur banane comme un appendice testiculaire, des baskets, des chaussures taillées pour l’Everest, des qui ont des ampoules [pour ma part, puisque vous demandez, pas d’amélioration significative. Je sens qu’il faudra être patient !], des qui portent leur topo-guide du GR 70, Chemin de Stevenson à la main… C’est donc ça, tout le monde est sur le Stevenson, le GR tendance ! Qu’est-ce qu’on est bien à contresens, sur notre Chemin d’Urbain V dont tout le monde se contre-fout !

Et c’est en remontant cette troupe hétéroclite, source d’émerveillement toujours renouvelée, que nous arrivons à Saint-Germain-de-Calberte, charmant petit village que l’on voit de loin, ce qui est toujours une satisfaction pour le marcheur car, comme le dit l’adage Mirbenesque : « Quand c’est vu, c’est arrivu ! ».

🥾20,8 km  ↗️+790 m ↘️-490 m 🌤️ 21-28 °C

Les Cévennes de derrière nous
Le terrible cordulégastre annelé (Cordulegaster boltonii)
Squash ?
La terrasse à la pergola plus que centenaire de Chez Roger (qui l’est presque)
Au temps qui passe