Ce coup-ci, c’est la Der des Ders. Ce soir, on aura fini notre Urbain V et notre Tour des Monts de l’Aubrac. Coup double ! Mais on n’en est pas encore là !

Pour bien commencer la journée, nous établissons un record, celui de notre départ le plus matinal : 8 h 39, pulvérisant de plus de 25 minutes le précédent, bien aidés en cela par Fanny du gîte communal qui n’a pas son pareil pour mettre pèlerins et randonneurs à la porte avec le sourire.

Un vieux chemin bordé de murs moussus nous mène à travers bois vers les Enfrux, puis nous montons sur une crête dégagée qui nous offre un presque formidable panorama. Presque car un voile terne couvre l’horizon. Heureusement, un groupe de sympathiques vététistes à l’arrêt nous permet d’imaginer ce que nous ne voyons pas : la chaîne des Pyrénées au fond, la cathédrale de Rodez,… Merci de nous faire rêver ! Et nous reprenons notre chemin que beaucoup ont foulé avant nous car nous suivons l’antique Via Agrippa, voie romaine qui reliait Lyon à Bordeaux. Nous repassons sous le couvert des hêtres. Une pause me conduit hors du chemin et… mais cette plante, avec ces grandes fleurs roses, et ces feuilles dentées, ne serait-ce pas… mais si… Clinopodium grandiflorum ! Le Calament à grandes fleurs ! La star des plantes de l’Aubrac, plus connue sous le nom de thé de l’Aubrac. Froissons les feuilles… une odeur mentholée, pas de doute, c’est ça ! Il était temps de la trouver ! « Eh, les amis, vous savez ce que c’est ? Non mais vous savez ce que c’est ? ». Bon, d’accord, ce n’est pas du thé, c’est de la tisane. Bon, d’accord, on a goûté dans une auberge et ce n’est pas transcendant, mais quand même, c’est la plante emblématique de la région ! Il faut dire que « d’Aubrac » est une belle marque ! Viande, thé, bière… On nous a même dit qu’il y avait maintenant des pépites d’Aubrac (de simples pommes de terre).

Mais c’est pas le tout, on a encore de la route, ou plus exactement des chemins de pâtures balisés de bouses, comme dirait Jamel. Le temps tourne à l’orage. Le ciel vire au gris. Dans les prés, les tracteurs s’activent à couper, retourner, emballotter, regrouper et transporter les foins, sous l’œil intéressé d’un couple de superbes milans royaux. Nasbinals tarde à se faire voir. On devine à la sophistication des murs et des enclos qu’on approche. Grâce au GPS aussi bien sûr, mais ça casserait toute poésie (oups, c’est fait !). Le cimetière nous accueille, puis le clocher ! Ça y est, on y est. On a donc fini ! Avignon – Nasbinals. 488 kilomètres. Fait. Une photo souvenir devant le panneau de départ du chemin d’Urbain V, une brève interview à l’envoyé spécial (très spécial) de Gai Randonneur TV et nous pouvons enfin célébrer avec Sonia et Yves, à la terrasse de Bastide et avec une bonne pinte, comme il se doit, la fin de notre périple estival et mirbenesque !

Ce fut long, ce fut chaud, ce fut frais, ce fut humide, ce fut parfois douloureux, mais ce fut toujours magnifique !

RIDEAU !

🥾22,7 km  ↗️+570 m ↘️-220 m 🌤️ 19-29 °C

Saint-Chély-d’Aubrac dans son écrin de verdure
Poses à la pause
On pourrait voir les Pyrénées et la cathédrale de Rodez. On pourrait…
Sur l’antique Via Agrippa
La Calamante à grande fleur. Enfin !
Lepture tacheté
Le petit buron dans la prairie
Garde-barrière de charme
La dernière ligne droite vers Nasbinals
Nasbinals !
En fait, on est à l’arrivée !