Évidemment, le 2 août au matin, on reçoit un mail de Burkhard comme quoi il est désolé mais il est rentré plus tard que prévu et tellement de mails à dépiler et blablabla…
Du coup, nous voilà sur le sentier côtier en direction de Strande. Le départ est très chouette, en sous-bois, avec le soleil, puis on passe sur la plage. C’est super-sympa de marcher sur le sable… quand on va de sa serviette au bord de l’eau en maillot de bain, pas quand on a un gros sac à dos, du sable plein les pompes, qu’on se traîne à deux à l’heure et qu’on a encore 25 bornes à tirer. On décide donc de rejoindre Strande par l’itinéraire cycliste – ça fera déjà une bonne journée – et on remonte vers la petite route qui suit la côte à quelque distance. Et c’est ainsi que je me retrouve désormais avec un pot de confiture dans mon sac à dos.
On traversait le village de Schwedeneck quand nous avons croisé une vieille dame maigre aux longs cheveux blond-gris. Croiser n’est pas le terme approprié car elle s’est plutôt mise en travers de notre chemin en nous faisant signe de ralentir, je pense que ce qu’elle nous disait en allemand allait dans le même sens. Nous nous arrêtons. Je lui dis que « wir sind Fransozen », ce à quoi elle répond que son « Französisch ist Scheiße » en rigolant et en tournant les talons, ce qui signifie qu’elle marche maintenant devant nous, esquissant parfois un petit pas de danse. Elle continue à parler, avec un peu d’anglais parfois. Je comprends plus au moins qu’elle veut nous inviter à prendre le café ou le thé. On arrive à la dernière maison du village. C’est là qu’elle habite. Elle nous pousse à rentrer dans le jardin. Je lui dis dans mon allemand bancal que nous avons une longue étape et que d’accord mais que 5 minutes. « Nur fünf Minuten », reprend elle en riant, et elle nous parle de cadeaux (Geschenk), de rester là et elle part dans sa maison. Nous restons dans le jardin sous la garde d’un immense nain de jardin, bien curieux de la suite. Elle revient presque aussitôt avec les mains derrière le dos. Surprise ! Une petite bouteille d’eau pour Mireille et… un petit pot de confiture pour moi. Chouette. Nous la remercions. Lui demandons son nom. Elle s’appelle Sarah. Je lui propose une photo pour immortaliser cet instant inattendu. Elle refuse à grand mouvement de bras en riant. On range nos cadeaux, lui serrons la main chaleureusement et reprenons notre route. Drôle de rencontre !
Mon pot de confiture d’une belle couleur orange est étiqueté « Deutscher Herbst 2022 », littéralement, « Automne allemand 2022 ». Drôle de nom pour une confiture, d’autant que nous sommes encore en été 2022. Chouette, un nouveau mystère à éclaircir !
🥾29,0 km





