Avant de quitter l’auberge, nous saluons le papy et lui souhaitons bonne chance (est-ce une expression appropriée ?) pour son opération. S’ensuit un long monologue que le secret médical nous empêche de divulguer ici mais que nous ponctuons de « Oh ! », « Ah bon ? », « Non ! ? », « Eh ben ! ». Ben du courage, il en a déjà eu ce papy !
Nous le quittons avec un dernier geste amical et reprenons la D73 en sens inverse pour retrouver notre GRP à Prinsuéjols. Nous avons parcouru une centaine de mètres quand nous entendons une interpellation en forme de « Eh ! C’est pas par là, c’est par là ! ». Nous retournant, nous voyons une jeune femme avec un gros sac et de grandes jambes nous montrant de ses longs bâtons le Chemin de Saint-Jacques qui part à l’ouest. « Nous on va par là ! », assurai-je. « Oui mais c’est par-là, non ? », insista-t-elle. « Ça dépend où on va ! » répondis-je avec sagesse. « Nous on va par là mais vous, vous allez certainement par là ! », criai-je pour clarifier la situation. « Je vais par là ! », confirma-t-elle de ses bâtons. « Et nous par là ! », mis-je un point final à cette surréaliste discussion à distance. Puis on ne par là plus et chacun reprit son chemin.
Ce temps de Toussaint dura bien après qu’on eut dépassé Prinsuéjols mais le soleil finit par pointer le bout du nez et réchauffer un peu l’atmosphère. Hormis la double traversée de l’autoroute pour passer prendre un Schweppes en terrasse à Aumont-Aubrac et entendre les aventures d’un pèlerin de Saint-Jacques (musulman nous a-t-il confié) tout fier de sa première semaine de marche, le chemin est très agréable. Les petits cailloux de granit le font croustiller sous nos semelles déjà bien usées de nos chaussures. Le vert des genêts, le blanc des achillées millefeuille et des galéopsis, le jaune des millepertuis et des séneçons dominent, ponctuées des touches pourpres des cirses et des digitales, du fuchsia des épilobes, du rose tendre des mauves musquées et du bleu des campanules.
Nous terminons cette bucolique journée en remontant le vif torrent de la Rimeize avant de nous élever vers Fau-de-Peyre où nous attend un vrai café-restaurant-tabac de village, où se croisent les piliers locaux, les familles en vacances et les randonneurs de passage. Ça fait plaisir à voir !
🥾25,8 km ↗️+340 m ↘️-435 m 🌤️ 11-18 °C













