Aujourd’hui, la Via Francigena et la Via Sancti Martini se séparent. La Via Francigena tourne à droite pour suivre le torrent du Buthier dans la vallée de la Valpelline et gagner en deux étapes le col du Grand-Saint-Bernard et la Suisse tandis que la Via Sancti Martini poursuit le long de la Doire Baltée, que nous avions rejointe à Ivrea, pour gagner en trois étapes le col du Petit-Saint-Bernard qui nous ouvrira les portes de la France.
Avec cette séparation, nous quittons également le confort ouaté d’un balisage efficace et omniprésent ainsi que d’une application très pratique pour retrouver notre bonne vieille trace GPS « officielle », concoctée par le facétieux Monsieur Zouzou (voir Saison 1) dont l’expérience nous a montré que si elle est souvent juste, elle sait aussi passer par des chemins abandonnés depuis la campagne d’Italie de Bonaparte, franchir des canaux sans le support matériel d’un pont ou rejoindre des niveaux supérieurs sans escaliers. Mais c’est ce qui fait le charme de la randonnée et le grain à moudre de ce blog !
Aujourd’hui, nous n’avons pas quitté le bitume. C’est que la vallée s’est significativement rétrécie, les versants abruptis* et il n’y a déjà pas la place pour faire tenir la rivière, la route, l’autoroute, la voie ferrée, la ligne à haute tension, les vergers de pommiers et les vignes, alors c’est pas pour faire passer en plus un sympathique chemin pour les trois pelés qui font la Via Sancti Martini ! Ceci dit, il y a tellement peu de place effectivement que le train et l’autoroute passent leur temps dans les tunnels et ne nous gâchent pas le paysage !
Nous avons aussi traversé d’authentiques villages de montagne avec leurs maisons en pierre et bois sombre, leurs balcons, leurs arches pour rejoindre la grange et leurs ponts de bois pour rejoindre le grenier dans une intrication qui n’aurait pas déplu à Escher (le graveur et lithographe, pas le chanteur).
Et nous arrivâmes ainsi à l’hôtel Beau Séjour, sous quelques gouttes bien qu’il fît encore très chaud et plutôt beau, un hôtel–restaurant–bar où habitués, randonneurs, touristes et travailleurs se mêlent dans la pure tradition des auberges de montagne.
Le sphinx du pissenlit est toujours porté disparu. Les recherches seront bientôt abandonnées.
* abruptir [abʀypti:ʀ] (verbe trans.) : rendre ou devenir abrupt.
(Première apparition du terme dans un célèbre blog de voyage du début du 21e s.)
🥾19,8 km ↗️+400 m ↘️-220 m





