Pourquoi étions-nous montés si au nord pour maintenant redescendre au sud ? Était-ce pour la beauté du parking sur la D943 devant le domaine de George Sand ? Était-ce pour « Cette terre de Nohant où j’ai été élevée, où j’ai passé toute ma vie », comme elle l’écrit dans Histoire de ma vie et comme je vous conseille de prendre une tisane au miel maintenant que vous avez eu ces mots de George. Était-ce pour les exceptionnelles fresques représentatives de l’épanouissement de l’art roman du Berry de l’église Saint-Martin de Vic fermée au public pour travaux ? Était-ce parce que le bar-bistrot-tabac-loto-restauration rapide de Nohant-Vic, fermé le lundi, est tenu par le cousin du beau-frère de Monsieur Zouzou, le fameux routeur GPS de la Via Sancti Martini ? Nous ne le saurons jamais. Et à quoi bon ? Toujours est-il que nous repiquons furieusement au sud et à l’est, voire au sud-est. Superbe château de Sarzay, impressionnante basilique de Neuvy-Saint-Sépulcre où sont conservées 3 gouttes du Précieux Sang du Christ depuis que le cardinal Eudes en fit don en 1257 et enfin, en suivant le cours paisible du ruisseau du Couvent, arrivée à Cluis en passant par les impressionnantes ruines de son château. Un rapide tour du bourg à la recherche d’une terrasse ornée de jolis parasols Kronenbourg se révèle infructueux. Il y en a bien un qui est fermé et la trace de deux autres qui, eux, le sont définitivement. Ça sent le bourg sinistré ! (Mireille ne regarde pas ? Allez, je tente) Du coup, on va direct à la chambre d’hôtes et là, grosse boulette ! Un petit chiot de quelques mois vient nous accueillir en jappant à la grille. Notre hôte arrive et nous lui disons combien ce chiot est charmant et fait déjà bien son futur travail ! Eh bien, c’est Vagabond, il a 9 ans et la cataracte ! Oups ! Heureusement, Vagabond ne nous en tiendra pas rigueur !

Nous avons eu un magnifique dîner avec nos hôtes et une formidable conversation. Bien évidemment, en tant que Marcheurs Éthiques, nous sommes tenus au secret professionnel. Sachez quand même que quand Michel était petit, il y avait 23 cafés et restaurants à Cluis (pour un aujourd’hui, ouvert seulement le matin et pour le repas de midi) ; qu’ici les escargots sont appelés les lumas et que chaque 1er mai, à Cluis, depuis 1954, il y a la fête du luma, avec défilé de chars et dégustation d’escargots (5 500 douzaines cette année) ; que le problème du bourg, c’est que les maisons sont des maisons de bourg, c’est-à-dire sans jardin et que les jeunes familles préfèrent s’installer dans les villages environnants ; qu’il y a deux médecins… roumains ; qu’il n’y a pas de serpents dans leur jardin (pas celui des médecins roumains, celui de nos hôtes) parce qu’ils ont des poules et que les poules font la peau aux serpents… Et aux souris. Même qu’une poule s’était étouffée avec une souris il y a quelques années ; que le ballast de la voie ferrée grouillait de vipères et que la SNCF avait introduit de gros serpents mangeurs de vipères, les cinglards ; que la ligne est désaffectée mais que les vipères sont restées ; que la voie a été transformée en chemin de randonnée et que « Ah ben, vous allez la prendre alors demain si vous allez à Argenton » (nous voilà prévenus !) ; que la guerre de clochers ici, c’est avec Neuvy-Saint-Sépulcre, dont on appelle les habitants les ânes de Neuvy ; que le village a sa troupe théatrâle, le Manteau d’Arlequin, qui présente tous les deux ans un grand spectacle, le dernier en date étant Grabuge à la forteresse joué dans les ruines du château ; et bien d’autres choses encore que l’on vous racontera peut-être à notre retour…

🥾26,6 km  ↗️+325 m ↘️-275 m

Notre étape du jour
C’est beau comme un calendrier des postes
Ces percherons sont des bêtes à concours
Un château à l’histoire aussi Sarzay que son nom !
La basilique du Saint-Sépulcre de Neuvy
Soixante-six ? Deux yeux qui nous regardent ? Ça part en vrille c’t’histoire !
Faudra voir à passer un petit coup d’aspirateur sous la charrette !