Tout le monde est parti depuis longtemps quand nous nous mettons en route ; c’est le lot des randonneurs-blogueurs. Il n’a pas plu cette nuit pour la première fois depuis longtemps, le ciel est bleu, le chemin est bon, le panorama est magnifique, c’est une belle journée qui s’annonce.

De loin nous voyons une vieille et haute maison aux petites fenêtres blottie contre un rocher dominant les gorges de Bramont. « C’est dommage d’avoir une aussi belle vue et d’aussi petites fenêtres ! », me faisa-je la réflexion à haute voix (pendant que vous-même vous la faite que c’est me fis-je mais je trouve que c’est plus beau comme ça, et vous pouvez rester figés, je ne changerai pas). La ferme, car c’est d’une vieille ferme qu’il s’agit, avec ses dépendances réparties au mieux du relief, aurait aussi mérité une photo mais une grue montée là par je ne sais quel miracle technique gâche un peu le tableau. Pour la photo, il faudra repasser, mais quel bel endroit ! Je me retourne une dernière fois quand je vois apparaître un homme en polaire rouge. « C’est vous qui habitez ce superbe endroit ? ». Et c’est ainsi que la discussion s’engagea. De l’histoire de la ferme de Bassy, on passa au chemin Urbain V, à Avignon, au festival, aux spectacles qui nous avaient plu, aux clowns. Le monsieur à la polaire rouge qui lui donne réflexion faite un air de Monsieur Loyal partage aussi cet intérêt pour les arts circassiens et nous conseille d’aller voir à Paris au CENTQUATRE les clowns Titoune et Bonaventure Gacon dans le spectacle Campana [cirque Trottola, du 14 janvier au 2 février] et Tsirihaka Harrivel [du 8 au 20 février], qui est en plus un peu de sa famille si j’ai bien compris. Je crois que nous aurions encore discuté un bon moment si sa femme ne l’avait pas appelé d’un puissant « Où tu es ? » marqué d’un point d’inquiétude et d’agacement mêlé. Avant de s’éclipser, son « Je suis là, je discute » n’ayant pas été convaincant, le « Où tu es ? » étant revenu en écho, il nous conseille encore de monter au sommet du rocher par le petit chemin là-bas pour bénéficier du panorama.

Notre agenda spectacle ainsi garni, nous nous quittons ravis de notre rencontre et reprenons notre chemin ensoleillé. À Saint-Étienne-du-Valdonnez, nous rencontrons un groupe de quatre Zurbain V. Nous nous arrêtons pour une discussion moins culturelle. « Vous avez dormi où avant Mende ? » « À Marvejols. On n’avait pas trouvé d’hébergement sur le chemin. On s’est arrêté à Grèzes et on a pris le taxi pour Marvejols. ». « Nous, c’est pareil ! », répondis-je rasséréné. C’est la zone incertaine du parcours, avec celle du lendemain dont le chemin précis n’est pas encore dessiné. Nous nous quittons joyeusement.

Nous reprenons le chemin vers Mende, sur un chemin qui a désormais perdu son caractère bucolique mais retrouve du charme dans la forêt de pins du Mont Mimat qui domine la ville toute centrée autour de sa majestueuse cathédrale, encore une œuvre du bon pape Urbain V. Les trois cents mètres de descente sont un véritable chemin de croix. Non, non, on n’a pas souffert. C’est juste un véritable chemin de croix, avec ses quatorze stations, plutôt plaisant d’ailleurs.

🥾23,5 km  ↗️+500 m ↘️-980 m 🌤️ 12-21 °C

La Fage
En route
De nouveaux horizons
Joubarbe en fleur
Télé-travailleur
Un couple des gros moineaux
Patron, un p’tit jaune !
Boulette commune (Echinops sphaerocephalus)
Version filaire
On m’a à l’œil !
Oh pinaise !
On la demande, on en redemande, voici Mende !
In vitraux
Nous y voilà
Notre Urbain et ses œuvres
Urbain by night