C’est sous le soleil reviendu que nous quittons notre charmant hôtel sis dans la vieille ville (sis, si, si !). Avant de partir, nous visitons la cathédrale St. Petri Dom et la pharmacie éponyme. Très beau retable et tour néo-gothique de 112 mètres pour la première, rayon pansements et compresses respectable pour la seconde.
Nous contournons la Schlei, le long fjord fait de vésicules successives qui vient mourir à Schleswig, longeons vers le sud le Haddebyer et Selker Noor, deux excroissances lagunaires de la Schlei. C’est à ce moment que nous voyons revenir le couple de promeneurs qui nous précédait. « Geschlossen. Brücke geschlossen ». Aïe, voilà qui ne sent pas bon. Un rapide coup d’œil sur la carte montre qu’un détour nous ferait faire quelques sérieux kilomètres de plus. Nous poursuivons pour nous rendre compte et effectivement, quelques dizaines de mètres plus loin, l’entrée de la passerelle en bois qui franchit une large bande marécageuse est barrée d’une épaisse planche. Aucune pancarte ou écriteau ne donne de raison ou d’information. Nous prenons alors une décision d’une incroyable audace en Allemagne, c’est de passer sous cette planche (on serait passé au-dessus si on avait été plus jeunes), un niveau de risque comparable à traverser un passage piéton quand le petit bonhomme est rouge ! Et bien nous en a pris car elle était plutôt en bon état cette passerelle. Pas une planche manquante ou branlante… Arrivés au bout, nous reptons sous la barrière et le reste du chemin n’était plus qu’une, encore longue, formalité au milieu de champs où courent chevreuils et renards. Le paysage s’est ensuite animé de collines et de bois. Les chemins européens E1 et E6 qui faisaient route commune se séparent au sommet du Heidberg. Nous ne nous faisons pas piéger et suivons le bon (le E6) qui nous mène par les bois jusqu’à l’étonnant hôtel Panorama, le bien nommé.
🥾30,0 km







