Ce J27 est un peu spécial puisque c’est le dernier épisode de la saison 1 des « MirBen se ressourcent » sur le GR 7. Les MirBen arriveront-ils à boucler leur dernière étape ? Tomberont-ils sur un serial killer en faisant de l’auto-stop ? Saurons-nous l’origine de la grève des papillons ? Y aura-t-il de la bière à l’arrivée ? Trouveront-ils l’énergie de faire le dernier billet ? (À 19 h 20 h 21 h passées, aucun billet n’est encore en ligne !). Autant de questions qui brûlent l’esprit de nos lecteurs ! Et je les comprends !
Mais d’abord, quelle est cette dernière étape ? Eh bien, c’est une longue montée depuis Chevagny-sur-Guye vers le belvédère de Suin (alt. : 591 m), qui domine les pays du Charolais, du Beaujolais et du Brionnais et dont le sommet, coiffé d’une statue de la Vierge, est un point majeur de la ligne de partage des eaux, matérialisée ici par une ligne pointillée de rochers peints en bleu. Mauvaise nouvelle pour le bassin versant Méditerranée, la Vierge a choisi d’ouvrir ses mains miséricordieuses vers le bassin Atlantique. Dans un but de concorde et d’inclusivité, je propose de lancer une grande souscription nationale pour installer un socle tournant motorisé alimenté par panneaux solaires et doté d’un savant algorithme tel que la Vierge soit orientée vers l’est au lever du soleil et vers l’ouest à son coucher. Souscription ouverte jusqu’au premier avril 2027.
C’est aussi au belvédère qu’à 15 h 30 précises est prévue la jonction avec la famille dont les plus jeunes représentants, j’ai nommé le valeureux Tristan et Mariane, sa maman, viendront nous prêter pied-fort et nous hancher (variante pédestre de prêter main-forte et épauler) pour les sept derniers kilomètres vers la ferme des Licornes à Buffières, lieu de résidence de mon fraternel fraternel.
Mais avant tout ça, il nous faut rejoindre Chevagny-sur-Guye depuis Joncy, Yolande n’ayant pas poussé la gentillesse à nous demander à quelle heure nous voulions qu’elle passe nous chercher. De toute façon, on aurait refusé (en tout cas au moins fait semblant). Toujours nantis de notre pancarte magique CHEVAGNY, nous attaquons du pouce devant l’hôtel mais, le passage étant rare, nous entreprenons de nous diriger vers la sortie du bourg lorsqu’une camionnette s’arrête. Éric en descend et nous demande si on fait le chemin de Saint-Jacques. — « Non, on l’a déjà fait. On fait le GR 7. » — « Moi, j’ai fait le Saint-Jacques cinq fois. » — « Ouahhhh ! Nous deux fois quand même ! » ajouté-je piteusement. On ne part pas tout de suite car les deux sièges passagers de cet artisan solitaire font office de lieu de stockage accessoire et ne sont pas prêt à recevoir nos postérieurs en l’état. Une dernière tape de dépoussiérage sur le tissu et nous embarquons. La discussion sera courte car il nous déposera quatre kilomètres plus loin, mais intense entre grands randonneurs. Il nous conseille absolument le Camino del Norte pour Saint-Jacques. On parle aussi de notre redécouverte de la Bourgogne. Lui avait été émerveillé par Le Pape des escargots d’Henri Vincenot et avait profité d’une inactivité forcée suite à un accident de la main pour parcourir tous les lieux cités dans le roman. Belle idée pour une escapade mirbenesque à l’automne. Mais déjà la Croisée de Cray ! « Merci, Éric ! »
Nous avons à peine le temps de retendre le pouce que la première voiture s’arrête ! C’est un couple de Joncynois qui part en vacances, le coffre est plein mais nos sacs à dos s’accommoderont bien du confort de nos cuisses pendant cinq kilomètres ! Et nous revoilà devant la mairie de Chevagny. Quarante minutes… je pensais qu’on ferait mieux. Mais pas de temps à perdre, nous avons rendez-vous avec la Vierge à 15 h 30 précises !
Mais dis-nous, ça vous fait quoi d’avoir terminé ce long et intense périple ? Vous vois-je vous demandez devant vos écrans. Honnêtement, pour l’instant rien, vous répondrai-je un verre de bière fraîche (déjà vide) à la main ! On a juste pas notre lessive quotidienne à faire. C’est demain qu’on réalisera !
P.-S. — À propos, il n’y aura pas d’interview pour le magazine Le Gai Randonneur (gai avec un i). Vous vous rappelez peut-être que l’an dernier j’avais été interviewé par un stagiaire, la rédaction étant en grève contre le projet de rachat du magazine par Bolloré. Eh bien, c’est malheureusement arrivé et j’ai décliné leur demande d’interview. Mais monsieur Zouzou, leur grand reporter, a courageusement démissionné et rejoint Le Randonneur Insoumis, auquel j’accorderai une interview demain. Alors à demain, si vous le voulez bien !
🥾24,i km ↗️+650 m ↘️-560 m 🌤️ 25-34 °C








