Les négociations entre le gouvernement et les organisations syndicales représentatives des narrateurs de roman lors du Grenelle de la narration ont abouti. Les narrateurs qui travailleront plus de 10 dimanches consécutifs se verront remettre une décoration par la ministre de la Culture et ceux qui auront travaillé plus de 54 dimanches dans l’année se verront attribuer une prime exceptionnelle défiscalisée. Devant ce grand progrès social, les narrateurs vont reprendre progressivement leurs activités. Pendant la période de reprise, les « narrés » peuvent écrire, s’ils le désirent, sur des sujets généraux qui n’auraient pas été traités par le narrateur, à condition que leur expérience personnelle ne représente pas plus de 10 % du texte ainsi produit.
Les plus anciens se rappellent certainement ces dessins animés de Popeye où Olive Oyl, somnambule, marche sur les poutres métalliques d’un immeuble en construction et est toujours sauvée par une poutre soulevée par une grue qui arrive au moment où elle allait mettre le pied dans le vide pour finalement ressortir saine et sauve sans s’être aperçue de rien. Eh bien, les MirBen et les Figolu, ça a été pareil. Ils n’avaient pas acheté de Figolu depuis des dizaines d’années mais avaient le souvenir de ce gâteau dégusté lors des balades et des sorties de ski de leurs jeunes années. C’était avant que le marketing invente les barres « énergétiques ». Et donc, dans le cadre de leur plan plan-plan, c’est tout naturellement que, lors de leur premier jour de vacances, ils ont été au désormais célèbre Super U de Buis-les-Baronnies acheter leur paquet de Figolu (en fait ils en ont pris trois) et sont repartis comme si de rien n’était, comme des somnambules de dessins animés.
Ce n’est que quelques jours plus tard, en voulant trancher cette importante question : « Figolu prend-il un S au pluriel ? », que Ben tomba sur cet article de l’Aisne nouvelle du 22 avril :
En plein confinement et après 5 ans d’absence, le « vrai » Figolu fait son retour en France.
Depuis juin 2019, une communauté de fans acharnés réclame le retour du Figolu, un petit biscuit sablé, fourré à la pâte de figue, commercialisé par Mondelez. La marque semble les avoir entendus. Depuis 2015, les Figolu, gâteau commercialisé depuis 1961, n’étaient plus vendus qu’en pack de 5 barres et étaient difficiles à trouver.
C’est la surprise de la nuit. Dans un message adressé à la journaliste de France Inter Fabienne Sintes, Mathias Dosne directeur général commercial France de Mondelez International (qui détient la biscuiterie LU) a annoncé : « Nous avons décidé, à l’occasion de ce printemps un peu singulier, de relancer Figolu en France. »
Voilà comment les MirBen ont pris conscience de leur somnambulisme figolien. Incroyable, non ? Et merci aux 10 000 pétitionnaires qui ont fait plier Mondelez.
Concernant le pluriel, Figolu est un nom propre et, à ce titre, ne prend pas de S quand il y en a plusieurs.
Concernant les 10 % relatifs à notre expérience personnelle, nous avons été aux lacs de Malrif sur les conseils de Nicolas, notre hôte. Le modèle est maintenant bien établi : 1) Ben cherche le soir une balade pour le lendemain, 2) Mir valide, 3) au petit-déjeuner, Nicolas nous demande ce qu’on a prévu comme balade, 4) Ben lui dit, 5) Nicolas fait la grimace, 6) Nicolas propose autre chose, 7) les MirBen font cette autre chose, à leur plus grande satisfaction !
Reprise de la narration au chapitre 20.
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