Dès la sortie de Santhià, le paysage change radicalement. On se retrouve dans une campagne plus conventionnelle, les rizières ont cédé le pas aux cultures de légumineuses et de maïs, les arbres sont aussi réapparus en nombre, alignés le long des champs et groupés en bosquets.

Ceux qui ont suivi la Saison 2 des MirBen sur la Via Sancti Martini auront noté que j’ai parlé du maïs de façon neutre, sans affect et sans y accoler de « Arghhhhhhh » ou de « Encore ! ! ! ! », voire de « P***n de », ni même mentionné le chemin détrempé, son corollaire. Eh bien, c’est parce qu’à notre retour l’an dernier, Mireille m’a poussé à suivre une psychothérapie à la FNSEA. Depuis, j’ai réalisé que l’irrigation du maïs est essentielle pour répondre aux besoins des consommateurs ; que le maïs est la grande culture qui valorise le mieux l’eau ; que le maïs est la grande culture qui nécessite le moins de produits phytosanitaires à l’hectare ; qu’avec le maïs on produit de l’énergie mais aussi des biomatériaux et des matières premières pour la chimie du végétal ; que l’utilisation du maïs réduit la consommation des énergies fossiles, diminue les émissions de gaz à effet de serre et crée des emplois ; que le maïs est aujourd’hui la première céréale produite au monde ; que le maïs est une ressource de base indispensable pour l’alimentation des hommes et que cette plante représente un potentiel de productivité pour l’avenir. Alléluia ! Merci le maïs à qui je dois tant ! Pardon d’avoir dit tant de mal du maïs ! Et pour dire à quel point je vais mieux, j’ai eu une machine à pop-corn pour Noël !

Passés l’autoroute et son flot de camions, le paysage change encore et la plaine laisse la place à des collines boisées, parfois surmontées d’un vieux château. Nous croisons un pèlerin à bâtons de marche en T-shirt fuchsia qui, de près, s’avère être une pèlerine. Buon cammino quand même ! Puis notre chemin croise un élevage de porc industriel où l’on procède à l’embarquement de cochons dans des camions, le tout dans un joyeux tintamarre rappelant les départs pour la colonie de vacances. Là, j’anticipe un peu ma prochaine psychothérapie à la FNSEA intitulée « Élevage intensif, source de bonheur animal et réponse à la demande du consommateur ». Nous poursuivons par de petites routes ombragées jusqu’à découvrir le lac de Viverone. Au loin, les montagnes se détachent maintenant nettement sur le bleu du ciel.

Et nous arrivâmes à Viverone.

Et le ciel devint de plus en plus gris. Ça sentit l’orage. Et nous rentrâmes de dîner sous la pluie !

🥾19,3 km  ↗️+190 m ↘️-100 m

Les rizières, c’était hier ! Aujourd’hui, nous voulons vous dédier des champs ! ⚽️
Les Bleus sont allés en finale mais les MirBen ne sont manifestement pas sortis des poules !
Duos habet et bene pendentes
— Alors t’en chias ?
— Non pas trop, l’étape était courte et ombragée !
Castello di Ropollo 

(histoire de montrer que ce n’est plus tout plat et que le temps vire doucement à l’orage)