Depuis le début de nos aventures, notre heure de départ est liée à la mise en ligne de ce billet quotidien. Mais l’absence de wifi dans notre cube à hublot et la faiblesse du réseau mobile nous contraint à partir aujourd’hui sans avoir posté, et sans avoir préparé la sélection de photos. Mais tel un Jean Mermoz au temps de l’Aéropostale avec sa devise : « Le courrier doit passer », je me fais un honneur de poster ce matin ! Et ça tombe bien, quelques kilomètres après le départ, nous tombons sur les superbes infrastructures d’un terrain de décollage de paramoteurs, à savoir une table à deux bancs, le genre aire de pique-nique, patinée par le temps. Il y a aussi une manche à air sans manche et une balançoire, ainsi qu’un panneau avec un vieux règlement jauni, qui me seront moins utiles. Et surtout, il y a aussi de la 4G ! Je pose le sac, active le partage de connexion afin de relier la tablette à Internet. 17 % de batterie, ça devrait aller. Allez hop ! Une première photo de faite ! 13 %. Mince, ça descend vite ! Stress ! Vite ! 10 %. 7 %. Encore une photo ! 5 %. Bon ça suffira. Copier le texte qui, lui, est prêt et relu ! 4 %. Allez maintenant on met en ligne ! Ne pas se tromper. Commencer par la dernière photo ! Maintenant le texte ! C’est parti ! Vérification que c’est bien publié ! Oups ! Une petite coquille à corriger ! 2 % ! C’est bon ! Mission accomplie ! Sonnez, clairons ! Résonnez, trompettes !
Je range mon matériel, Mireille replie sa revue et nous voilà repartis. Le ciel est toujours tout gris (risque de pluie annoncée) et l’air parfait pour ne pas faire de jaloux dans un couple, à savoir moite, moite.
Aujourd’hui, foin de D50, le parcours est exclusivement agreste et les chemins pris semblent avoir un long passé, tel ce chemin pavé de Louis XI (nous n’avons vu ni les pavés ni le fantôme de Louis XI, mais c’est ce qui est écrit sur la carte) ou l’antique fontaine Saint-Martin que les pèlerins ayant des problèmes de jambe, dit-on, venaient visiter (enfin, c’est surtout le texte du panneau en Plexiglas planté à côté qui le dit). Par contre, on est toujours dans les champs immenses de blé fauché ou de tournesols, qui deviennent ici dans mon cœur le nouveau maïs (voir Saison 3 des MirBen sur la Via Sancti Martini). Le maïs, je n’en ai pas parlé, car cette année, avec la canicule et les interdictions d’arroser, il ne la ramène pas trop, tout sec et chétif qu’il est. Espérons que les agriculteurs auront compris !
Nous terminons en suivant le cours de l’Échandon, croisons un renard piteux à la queue qu’il en manque un bout, prenons un ultime chemin au lieu-dit des Culs Torchés, si vous voyez le tableau, et arrivons à Tauxigny où l’accueillante terrasse du bar-épicerie-dépôt de pain-point poste-produits régionaux nous tend les bras. Un petit rafraîchissement dans nos verres en plastique consignés-parce-que-c’est-en-terrasse-mais-qu’on-nous-fait-grâce-de-la-consigne-parce-qu’on-est-que-deux-et-qu’il-sait-où-ses-verres-y-sont-ha-ha et nous repartons pour les derniers kilomètres avant notre chambre d’hôtes.
Nous arrivons dans une belle et grande maison nichée dans un bosquet au milieu des champs. Nous faisons le tour à la recherche de notre hôte. C’est une charmante vieille dame qui nous accueille avec le sourire puis nous annonce tout de go que son mari a été enterré il y a trois jours. Oups ! Mais c’est une femme très courageuse qui nous fait visiter la propriété et nous propose la table d’hôtes car il y a des Anglais qui ont demandé la table d’hôtes alors elle la propose à tous ses hôtes. Je crois que les Anglais c’est nous… Nous aurons un superbe dîner en terrasse (glagla) avec un couple d’Italiens et un couple de Nîmois, mais la dame est des environs de Vichy et adore comme nous les monts de la Madeleine, et le monsieur est corrézien, et siège au conseil municipal de son village natal où a été installé un champ de panneaux solaires, ce qui semble moins compliqué que les éoliennes !
En fin de repas, notre hôte, qui avait tout fait maison, est venue avec beaucoup de distinction donner un petit conseil de visite de la région à chacun avant de verser une petite larme pour son mari. Silence autour de la table. « Mais voilà, la vie continue, alors excellente nuit à tous. On vous a demandé l’heure pour le petit-déjeuner ? »
🥾26,2 km ↗️+100 m ↘️-120 m





